Viande de porc, whisky, fromages, pommes et raisins font partie des produits américains qui subiront des taxes douanières d'entre 15% et 25%, selon une liste publiée mardi par le ministère mexicain, en représailles aux taxes américaines.

Publié le 5 juin 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Face à l'«adoption unilatérale» par les États-Unis de taxes sur l'acier et l'aluminium, le Mexique «a le droit de prendre des mesures aux effets commerciaux équivalents» explique le ministère au journal officiel.

Les produits visés sont essentiellement des produits agricoles auxquels s'ajoutent des produits à base de métal tels que des plaques d'acier ou encore des tubes de perforation.

«Le Mexique peut ajuster la composition de la liste des produits originaires des États-Unis» visés par ces taxes, prévient le ministère.

Les hausses de taxes douanières visent notamment des secteurs politiquement favorables à Trump, comme celui de la production porcine, selon certains experts mexicains.

Lundi, le Mexique a annoncé qu'il déposerait plainte auprès de l'OMC au sujet des taxes américaines sur l'acier et l'aluminium estimant que ces taxes n'ont pas été «adoptées conformément aux procédures prévues, et violent également l'accord général sur les taxes douanières et le commerce de 1994» selon le ministère.

Le Canada et l'Union européenne ont également annoncé qu'ils déposeraient plainte auprès de l'OMC.

Le gouvernement de Donald Trump a décidé de ne pas prolonger l'exemption temporaire accordée à l'Union européenne, au Mexique et au Canada, et a mis en place depuis vendredi des taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium.

Très critiquée sur la scène internationale, la décision américaine intervient alors que les États-Unis, le Canada et le Mexique négociaient actuellement la modernisation de l'accord de libre-échange nord-américain (ALENA), signé en 1994 et que Trump a qualifié de «désastre» pour les emplois américains.

Le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a indiqué mardi qu'il avait informé le Canada de la volonté du président américain Donald Trump de négocier un accord séparé pour remplacer l'ALENA.

L'ALENA reste vital pour le Mexique, qui exporte près de 80% de ses produits vers le marché américain.