La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a jugé lundi «plus important que jamais» l'Accord économique et commercial global (AEGC) signé par l'UE avec le Canada, face au protectionnisme prôné par le président américain Donald Trump.

Publié le 23 janv. 2017
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous avons un ami et allié important qui semble, au moins partiellement, se désengager de la scène internationale, et qui promeut moins de commerce et plus de protectionnisme», a-t-elle relevé, en référence à M. Trump, lors d'un échange avec des députés européens.

«Il est plus important que jamais que ceux d'entre nous qui croient que le commerce peut être important (...) restent solidaires», a-t-elle ajouté. Et de demander: «Quel meilleur partenaire que le Canada» pour «montrer que ces accords commerciaux fonctionnent réellement» ?

Mme Malmström s'exprimait à Bruxelles face aux eurodéputés de la Commission «Commerce international» du Parlement européen, qui doivent se prononcer mardi matin sur l'AEGC, ouvrant la voie, en cas de vote favorable, à un vote en plénière, par l'ensemble du Parlement européen, le 15 février.

Si l'accord passe ces deux étapes, il entrera alors en application partielle et provisoire, le temps d'être ratifié par l'ensemble des Parlements nationaux et régionaux d'Europe.

Signé en octobre par l'UE et le Canada, après plusieurs jours d'incertitudes en raison de son blocage par la région belge de Wallonie, l'AEGC reste encore contesté.

«Nous ne pactisons pas avec le diable, nous ne sapons pas la démocratie», a répondu Mme Malmström aux députés européens défavorables à l'accord. «Nous parlons du Canada, l'un des pays les plus démocratiques du monde !»

L'AEGC est selon elle «l'accord commercial le plus progressiste jamais conclu dans l'histoire» et peut même devenir «un modèle».

«Le monde nous regarde», a-t-elle affirmé. «Beaucoup de pays se tournent vers l'Union européenne en disant: "maintenant, restons unis"».

M. Trump, qui a signé lundi un document mettant fin à la participation des États-Unis au PTP, avait dénoncé durant sa campagne un accord «terrible», contraire selon lui aux intérêts des travailleurs américains.