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Tsipras en vedette du rendez-vous du gratin économique russe

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Pour Vladimir Poutine, conclure des affaires avec Alexis Tsipras permet de montrer que l'unité européenne se fissure face à des sanctions douloureuses de part et d'autre, et de s'afficher en puissance économique malgré la crise.

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Marina KORENEVA, Germain MOYON
Agence France-Presse
SAINT-PÉTERSBOURG, MOSCOU

Des milliards contre un gazoduc: au bord de la rupture avec la zone euro, le premier ministre grec Alexis Tsipras est reçu par Vladimir Poutine pour signer un accord gazier majeur lors du rendez-vous annuel du gratin économique russe de jeudi à samedi à Saint-Pétersbourg.

Alors qu'Athènes semble se rapprocher inexorablement d'un défaut de paiement, la seconde visite en Russie en moins de trois mois du chef de gouvernement grec vient bousculer le Forum économique international de Saint-Pétersbourg, dominé par ailleurs par la crise ukrainienne.

La Russie, après avoir attiré les multinationales avec des taux de croissance spectaculaires, se trouve isolée comme jamais depuis la fin de la Guerre froide en 1991. Son économie, visée par des sanctions occidentales sans précédent et plombée par la chute des cours du brut, traverse une récession profonde.

Si certains chefs d'entreprises occidentales, majors pétrolières en tête, sont annoncés dans l'ancienne capitale impériale russe, la retenue semble encore de mise, loin des signatures en grande pompe de contrats des premières années de ce rendez-vous voulu comme une réponse à Davos qui réunit l'élite financière mondiale dans les Alpes suisses.

Le premier ministre grec critique ouvertement les sanctions et sa rencontre vendredi avec M. Poutine sera scrutée à moins de deux semaines d'un remboursement à haut risque à ses bailleurs de fonds.

«Tsipras cherche à manoeuvrer», juge Evguéni Gontmakher, économiste à l'Académie russe des sciences. «Il se sert de ses voyages en Russie pour montrer aux Européens qu'il dispose de cartes supplémentaires. Objectivement, la Russie n'est pas capable de résoudre les problèmes de dette de la Grèce», poursuit-il, interrogé par l'AFP.

Comme l'a souligné Moscou à de nombreuses reprises, Athènes n'a jamais sollicité d'aide financière directe russe. En revanche, le géant russe du gaz, Gazprom, s'est dit prêt à financer la construction sur le sol grec de la prolongation du gazoduc TurkStream prévu entre la Russie et la Turquie pour remplacer le transit du gaz russe par l'Ukraine.

En Russie début juin, le ministre grec de l'Énergie Panagiotis Lafazanis avait assuré que la question du financement était réglée et le coût du chantier évalué à deux milliards de dollars, de quoi créer des emplois en grand nombre.

«Regain d'intérêt»

Pour Vladimir Poutine, conclure des affaires avec Alexis Tsipras permet de montrer que l'unité européenne se fissure face à des sanctions douloureuses de part et d'autre, et de s'afficher en puissance économique malgré la crise.

Le président russe, qui doit s'exprimer vendredi après-midi devant les investisseurs internationaux, ne cesse en outre de répéter que l'économie russe n'a pas subi le scénario catastrophe prévu par certains.

Pour l'économiste Chris Weafer, l'homme fort du Kremlin va le répéter: «la Russie dispose des ressources pour survivre à la crise pendant plusieurs années» et «il y a une différence entre les tensions politiques avec les Occidentaux et la volonté de coopérer avec les investisseurs occidentaux».

Ces derniers, après avoir déserté le forum l'an dernier après l'annexion de la Crimée, semblent avoir regagné une certaine confiance après plusieurs mois sans aggravation des sanctions.

«Malgré les sanctions, malgré la confrontation avec les Occidentaux, le premier choc est passé et on voit un regain d'intérêt des investisseurs», approuve Nikolaï Petrov, professeur à la Haute École d'Économie de Moscou. «Il y a de quoi discuter et je pense qu'on verra plus de chefs d'entreprises étrangers que l'an dernier».

Le secteur pétrolier sera largement représenté avec les patrons de Total Patrick Pouyanné, de Shell Ben van Beurden et de BP Robert Dudley, qui serait proche selon le Financial Times d'un accord pour acheter au russe Rosneft une participation dans un gisement sibérien.

Côté américain, la présence devrait rester discrète, Washington ayant averti les entreprises américaines, par la voix de son ambassadeur en Ukraine Geoffrey Pyatt, des «risques économiques et en termes de réputation» pour ceux qui décidaient de participer au forum.

Les entreprises cachent d'autant moins leurs ambitions que l'économie russe semble partie pour redémarrer, même timidement, dès l'an prochain et que ces derniers mois Moscou a joué des pieds et des mains pour renforcer ses liens avec les pays asiatiques.




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