L'OCDE appelle à des mesures de soutien à la croissance

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«En raison de la faiblesse de l'économie et du risque de déflation, la BCE devrait étendre son soutien monétaire au-delà des mesures déjà annoncées (...) Cela devrait inclure un engagement à acquérir un montant notable d'actifs jusqu'à ce que l'inflation revienne sur de bons rails», selon un communiqué de l'OCDE.

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Hélène DUVIGNEAU
Agence France-Presse
Paris

L'organisation des pays développés OCDE a appelé jeudi les grandes économies mondiales à prendre des mesures pour relancer la croissance, et invité la Banque centrale européenne (BCE) à renforcer sa politique de relance monétaire pour soutenir la zone euro.

Ce constat, livré dans la version préliminaire des «Perspectives économiques» de l'organisation, intervient à quelques jours du G20 de Brisbane, en Australie, les 15 et 16 novembre.

L'Organisation pour la coopération et le développement économiques, qui regroupe 34 pays industrialisés, se dit particulièrement préoccupée par la faiblesse de la demande dans la zone euro, «qui laisse entrevoir un risque grandissant de période prolongée de stagnation et de faible inflation».

Elle encourage les pays de la monnaie unique à adopter des politiques qu'elle juge adéquates, notamment en mettant la pédale douce sur la consolidation budgétaire au profit de la relance, tout en adoptant des réformes de libéralisation de l'économie.

«La zone euro est confrontée à un risque grandissant de stagnation. Les pays doivent employer tous les instruments dont ils disposent en matière de politique monétaire, de politique budgétaire et de réformes structurelles pour remédier à ces risques et soutenir la croissance», a déclaré le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria.

«En raison de la faiblesse de l'économie et du risque de déflation, la BCE devrait étendre son soutien monétaire au-delà des mesures déjà annoncées (...) Cela devrait inclure un engagement à acquérir un montant notable d'actifs jusqu'à ce que l'inflation revienne sur de bons rails», demande l'OCDE, évoquant notamment des rachats d'obligations d'État, ce que l'institut de Francfort se refuse à faire.

Les mesures possibles évoquées par l'OCDE sont le rachat d'encore plus titres de dette adossés à des actifs (ABS), déjà annoncé, mais aussi «des obligations d'entreprises et des obligations d'État», deux types d'actifs que, pour l'instant, la BCE ne rachète pas.

La Banque tient ce jeudi son conseil des gouverneurs, et après avoir multiplié les initiatives de soutien à l'économie ces derniers mois, elle devrait marquer une pause. Mais d'un autre côté, elle est sous pression en raison de la dégradation progressive de l'économie en zone euro, et certains analystes estiment que la récente décision de la Banque du Japon de renforcer son propre programme de rachat d'actifs pousse aussi la BCE à agir dans la même direction.

«Bas régime»

Concernant la France, l'OCDE abaisse de 0,1 point sa prévision de croissance du du produit intérieur brut pour 2015, à 0,9%, contre 1,0% annoncé mi-septembre.

Elle réitère par ailleurs son constat d'une économie mondiale qui tourne «à bas régime», en dehors de la reprise vigoureuse aux États-Unis, et appelle à des mesures de relance.

«Les pays doivent mettre en oeuvre les dispositions qui ont été identifiées pour faire monter en régime l'économie mondiale. Des mesures de relance macroéconomique doivent en faire partie», a déclaré Catherine Mann, chef économiste de l'OCDE.

Dans cette optique, «les pays du G20 doivent présenter au sommet de Brisbane des stratégies nationales de croissance qui pourraient collectivement accroître de 2 % environ le PIB du groupe des Vingt d'ici à 2018 par rapport à 2013», invite l'organisation dans son rapport.

La croissance du PIB mondial devrait s'établir à 3,3 % en 2014, avant de se hisser à 3,7 % en 2015 puis à 3,9 % en 2016, selon l'OCDE.

«Ce rythme est modeste comparé à celui observé avant la crise, un peu en deçà de la moyenne de longue période et légèrement inférieur à nos prévisions de septembre», précise le communiqué.

L'OCDE relève par ailleurs d'importantes différences entre les pays, avec une croissance plus solide aux États-Unis, alors que la sortie du Japon de la déflation «n'est pas encore assurée».

Les différences s'observent aussi dans les économies émergentes, avec un ralentissement de la croissance du PIB en Chine, une accélération en Inde et une croissance molle en Russie et au Brésil.




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