L'économie mondiale inquiète le FMI

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«L'économie mondiale est en plein exercice d'équilibriste», résume le chef économiste du Fonds, Olivier Blanchard. «D'un côté, les pays doivent gérer l'héritage de la crise financière mondiale, allant du poids de la dette au chômage élevé. De l'autre, ils font face à un avenir incertain».

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Jeremy TORDJMAN
Agence France-Presse
Washington

Le FMI s'est montré mardi plus pessimiste pour l'économie mondiale, abaissant ses prévisions de croissance sur fond de tensions en Ukraine ou au Moyen-Orient et redoutant une «stagnation» dans certains pays riches.

Comme l'année dernière, le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait progresser de 3,3% en 2014, marquant un repli de 0,1 point par rapport aux projections de juillet, avant de rebondir moins nettement que prévu en 2015 (-0,2 point, à 3,8%), selon les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international.

«L'économie mondiale est en plein exercice d'équilibriste», résume le chef économiste du Fonds, Olivier Blanchard. «D'un côté, les pays doivent gérer l'héritage de la crise financière mondiale, allant du poids de la dette au chômage élevé. De l'autre, ils font face à un avenir incertain».

Les tensions géopolitiques «croissantes» ( Ukraine, Irak, Syrie...) n'arrangent rien, selon le Fonds qui redoute une «perturbation» de l'approvisionnement en gaz et une flambée du prix du brut en cas d'escalade avec la Russie ou d'aggravation du conflit avec l'organisation État islamique.

«Jusque-là, l'impact (des tensions géopolitiques, NDLR) semble principalement confiné aux régions concernées mais il y a des risques tangibles de perturbations plus vastes», prévient le Fonds dans son rapport semestriel, publié en prélude à son assemblée générale à Washington.

Croissance «fragile»

Pour le reste, le FMI continue d'insister sur la «fragilité» de la croissance mondiale mais également sur son caractère «inégal» selon les pays.

Si les États-Unis continueront de jouer «le rôle le plus important» dans la reprise (2,2% attendus cette année), d'autres pays industrialisés devraient encore marquer le pas, principalement dans la zone euro.

Les prévisions sont ainsi nettement abaissées cette année pour la France (-0,4 point, à 0,4%) mais aussi pour l'Allemagne (-0,5 point, à 1,4%), victime d'un accès de «faiblesse surprise», selon le rapport.

Si la demande s'affaiblit encore et que les craintes de déflation se matérialisent, la zone euro pourrait même «clairement devenir le principal problème» pour l'économie mondiale, met en garde M. Blanchard.

Sans aller jusqu'à ce scénario extrême, les perspectives à moyen terme s'annoncent sombres pour les économies avancées où «une longue période de faible croissance» pourrait «se transformer en stagnation», affirme le FMI.

La directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, avait la semaine dernière déjà assuré craindre une longue période de croissance «médiocre» sur le globe.

Part du lion

À un niveau comptable, les pays émergents s'en sortent mieux et continuent à se tailler «la part du lion» de la croissance mondiale si des fragilités et des disparités demeurent, souligne le rapport.

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine continue de mener le bal et voit ses vertigineuses prévisions de croissance confirmées cette année (+7,4%) comme en 2015 (7,1%).

Mais, note le FMI, les risques d'«un atterrissage difficile» du pays demeurent en raison du «poids de la dette» et d'une croissance excessivement dépendante du crédit et de l'investissement.

Autre grand pays émergent, le Brésil ne profite pas d'un effet Coupe du Monde et subit même la plus forte dégradation au sein des principales économies du globe cette année (-1 point, à +0,3%).

La situation n'est pas plus reluisante en Russie dont les prévisions de croissance cette année (0,2%) restent plombées par le conflit avec l'Ukraine.

Plus globalement, les pays émergents restent soumis à la menace d'un changement précipité de cap monétaire aux États-Unis qui pourrait augmenter la volatilité financière et déclencher «une inversion des flux de capitaux», prévient le Fonds.

Au printemps 2013 puis au début 2014, le Brésil, la Turquie ou l'Afrique du Sud avaient vu leur monnaie chuter et les capitaux refluer sur fond d'anticipation d'un relèvement des taux par la Banque centrale américaine (Fed).

À l'écart de ces grands flux financiers, l'Afrique sub-saharienne voit néanmoins ses prévisions de croissance revues nettement en baisse (-0,4 point, à 5,1%) et pourrait pâtir d'une aggravation de l'épidémie d'Ebola, pour l'instant confinée à l'ouest du continent.

«Si l'épidémie devait continuer à s'intensifier et s'étendre de manière significative à des pays voisins, cela pourrait avoir des conséquences bien plus vastes», met en garde le Fonds.




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