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Londres soulagée après le rejet de l'indépendance écossaise

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La City de Londres (investisseurs, grandes entreprises, médias des milieux d'affaires) avait pris position contre la sécession de la région septentrionale du Royaume-Uni.

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Patrice NOVOTNY
Agence France-Presse
LONDRES

Un profond soupir de soulagement parcourait la City de Londres vendredi après le rejet par référendum d'une indépendance écossaise qui aurait plongé le Royaume-Uni dans des affres d'incertitude.

La Bourse de Londres grimpait de 0,73 % en milieu de matinée, la livre a atteint son plus haut niveau en deux ans face à l'euro et les taux des obligations britanniques augmentaient, témoignant d'un retour des investisseurs vers les actifs plus risqués.

«C'est le soulagement qui domine sur les marchés britanniques», a résumé Chris Beauchamp, analyste à la maison de courtage IG, pour qui «l'inquiétude liée à une possible indépendance écossaise s'est dissipée».

Les Écossais ont rejeté l'indépendance par 55,3 % des voix à l'issue d'un référendum marqué par une participation massive.

La City de Londres (investisseurs, grandes entreprises, médias des milieux d'affaires) avait pris position contre la sécession de la région septentrionale du Royaume-Uni.

Elle craignait d'une part les incertitudes soulevées par cette indépendance pour l'Écosse elle-même, sur la monnaie utilisée par le nouvel État, le partage des revenus pétroliers, la répartition de la dette publique et l'environnement légal et financier des entreprises.

La capitale financière redoutait aussi, et peut-être surtout, les conséquences pour ce qui serait resté du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord), amputé d'une région pesant économiquement l'équivalent de l'Irlande ou de l'Algérie.

«C'est un jour capital pour le Royaume-Uni et ce résultat sera salué par un soupir de soulagement dans le monde des affaires», s'est réjoui John Cridland, directeur général de la principale fédération patronale britannique, la CBI.

À la Bourse de Londres, les banques les plus implantées en Écosse en profitaient: vers 5 h 30, l'action Royal Bank of Scotland (RBS) gagnait 3,11 % et celle de Lloyds 1,01 %.

Ces établissements avaient menacé de rapatrier en Angleterre leur siège social, situé en Écosse, en cas d'indépendance du territoire. Ils ont précisé que ces plans d'urgence n'étaient plus nécessaires, sitôt l'issue connue.

Rassurés pour l'Espagne

Un autre grand de la finance écossaise, Standard Life, s'est dit pour sa part «prêt à contribuer» à son niveau aux débats sur l'octroi de nouveaux pouvoirs à Édimbourg par Londres, comme promis par les dirigeants britanniques en cas de rejet de l'indépendance.

Standard Life avait prévenu avant le référendum qu'il pourrait transférer vers l'Angleterre des fonds géré pour ses clients britanniques, alimentant la crainte d'une fuite des capitaux vers le sud en cas d'indépendance de la grande région du nord.

Ces spéculations avaient pesé ces dernières semaines sur la livre sterling, qui est nettement remontée vendredi dès que la tendance pour le Non s'est affirmée.

Vers 21 h 40, la livre a atteint son plus haut niveau depuis fin juillet 2012 face à la monnaie unique européenne, à 1,2804 euro, avant de redescendre quelque peu.

À 5 h 20, elle cotait encore toutefois 1,2716 euro. Elle montait aussi face à la devise japonaise, à 178,35 yens, contre laquelle elle a brièvement atteint un niveau record en six ans. Elle s'effritait en revanche face au billet vert, à 1,6384 dollar, faisant l'objet de prises de bénéfice.

«La victoire du Non laisse la voie libre à une prochaine remontée des taux de la Banque d'Angleterre, ce qui est un facteur de soutien à long terme de la livre sterling», a signalé Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.

La hausse des taux directeurs rend une devise plus rémunératrice et donc plus intéressante pour les investisseurs.

L'apaisement des craintes entraînait aussi, paradoxalement, une hausse du taux d'emprunt du Royaume-Uni sur le marché obligataire.

Les investisseurs peuvent en effet, maintenant que le gros risque est passé, recommencer à abandonner la valeur sûre qu'est la dette britannique, avec sa note AAA, pour se diriger vers des secteurs un peu plus risqués (et donc potentiellement plus rémunérateurs) tels la livre ou les actions britanniques.

Vers 4 h 40, le taux à 10 ans augmentait ainsi à 2,586 %.

À l'inverse, le taux à 10 ans de la dette espagnole diminuait, à 2,211 %, les investisseurs achetant davantage cet actif traditionnellement plus risqué. Ils étaient rassurés pour l'intégrité de l'Espagne, où une indépendance écossaise aurait dopé les revendications catalanes.




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