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La City de Londres craint le référendum écossais

La montée du «oui» à l'indépendance de l'Écosse... (Photo Sang Tan, archives AP)

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La montée du «oui» à l'indépendance de l'Écosse dans les sondages fait trembler la City de Londres.

Photo Sang Tan, archives AP

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Patrice NOVOTNY
Agence France-Presse
Londres

Chute de la livre, inquiétudes des gestionnaires de fonds, faiblesse des firmes écossaises à la Bourse de Londres: la montée du «oui» à l'indépendance de l'Écosse dans les sondages fait trembler la City de Londres.

La livre sterling a perdu près de 2% depuis vendredi face au dollar et à l'euro, après la publication dimanche, pour la première fois, d'un sondage donnant les partisans de l'indépendance en tête.

Si les nationalistes écossais remportent ce référendum historique, le 18 septembre, cette région septentrionale, dont le poids économique est comparable à celui de la Finlande ou de l'Irlande, quittera le Royaume-Uni.

Cette perspective impliquerait «d'énormes incertitudes sur le coût de la séparation, l'impact sur la croissance et la monnaie», rappellent les experts de la banque néerlandaise Rabobank, sans parler d'une remise en cause probable du calendrier et du paysage électoral dans ce qui resterait du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord).

Rien d'étonnant dès lors à ce mouvement de défiance vis-à-vis de la livre de la part de certains investisseurs, qui ne détestent rien tant que l'incertitude.

La nouvelle donne issue du sondage de dimanche a été confirmée depuis par d'autres enquêtes qui ont attesté un net resserrement de l'écart entre le camp du oui et celui du non, qui faisait la course en tête jusque-là. Elle a amplifié un mouvement de repli de la livre enclenché dès la mi-juillet, lorsque les débats sur l'indépendance écossaise ont commencé à monter en puissance.

Mercredi, la monnaie britannique valait 6,6% de moins qu'à la mi-juillet face au dollar, un gouffre à l'échelle des sommes colossales qui transitent sur le marché des changes. Elle est descendue jusqu'à 1,6052 dollar, son plus bas niveau depuis la mi-novembre 2013.

Fuite des capitaux ?

«Les conséquences d'un oui seraient immenses, et elles sont mises en relief par le sentiment d'impréparation qui transpire» à Londres, ont prévenu des experts de la banque allemande Deutsche Bank.

Ils soulignent que le Trésor britannique vient seulement de mettre sur pied une équipe pour gérer les conséquences d'une éventuelle sécession de l'Écosse, tant le scénario paraissait improbable il y a quelques semaines à peine.

«Du côté de la monnaie, au pire cela déstabiliserait l'ensemble du système bancaire britannique et au mieux cela laisserait le reste du Royaume-Uni avec une union monétaire bancale, au sein de laquelle la Banque d'Angleterre devrait fournir des liquidités aux banques écossaises», a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a toutefois réaffirmé mardi que le maintien d'une union monétaire entre Edimbourg et Londres était «inconciliable» avec une indépendance du territoire écossais.

«Des informations circulent déjà sur une fuite des capitaux d'Écosse», a prévenu Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

Conséquence, l'inquiétude s'étend aux gestionnaires de fonds britanniques, qui craignent un mouvement de panique des épargnants en cas de victoire du oui, même si ceux que l'AFP a interrogés refusent d'évoquer tout mouvement d'ampleur à l'heure actuelle.

«Nous avons eu l'écho d'investisseurs extérieurs à notre fonds qui cherchent à déplacer leur argent (hors d'Écosse) mais ce mouvement est de très faible ampleur», veut rassurer Tom McPhail, expert chez la firme de services financiers Hargreaves Lansdown, basée à Bristol (sud de l'Angleterre).

«À court terme, rien ne changera le 19 septembre, les investisseurs auront le temps d'évaluer les conséquences du résultat du vote et d'agir en conséquence», cherche-t-il à temporiser. Si le oui l'emporte, s'ouvrirait en effet une période de négociation de dix-huit mois, avant une indépendance formelle le 24 mars 2016.

Le directeur général de Standard Life, David Nish, a néanmoins annoncé mercredi, pour éviter toute panique, que cet assureur édimbourgeois transfèrerait si nécessaire en Angleterre une partie des fonds qu'il gère pour ses clients britanniques.

Son titre a perdu 2,3% à la Bourse de Londres depuis vendredi matin, à l'image d'actions d'autres groupes financiers écossais, comme Royal Bank of Scotland (-3,3%) ou Aberdeen Asset Management (-2,4%).




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