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La BCE choisit l'inaction

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Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi.

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Ouerdya AIT ABDELMALEK
Agence France-Presse
Francfort

La Banque centrale européenne (BCE), confiante dans l'affermissement de la reprise économique en zone euro, a laissé son principal taux d'intérêt directeur inchangé jeudi et n'a annoncé aucune nouvelle mesure de soutien, une politique qui devrait se prolonger, de l'avis des analystes.

Face à des indicateurs économiques positifs, «la BCE n'a pas vu de raison d'agir», a analysé Christian Schulz, économiste de la banque Berenberg.

Mario Draghi, président de la BCE, a en effet justifié l'absence de mesures par «les nouvelles globalement positives» qui lui sont parvenues depuis un mois. Il a notamment cité la bonne tenue de l'activité privée, mesurée par l'indice PMI, en particulier dans le secteur des services «qui crée le plus d'emplois». En outre, «l'écart entre l'Allemagne et des pays comme l'Espagne ou l'Italie se réduit» tandis que le chômage s'est stabilisé même s'il reste à un niveau élevé. Quant à la crise sur certains marchés émergents et à la situation ukrainienne, elles n'ont eu pour l'instant que peu d'impact sur la région.

La BCE compte désormais sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 1,2% cette année (contre 1,1% auparavant), selon les dernières prévisions de ses services publiées jeudi. Elle attend 1,5% pour l'an prochain et 1,8% pour 2016.

Le niveau faible de l'inflation, qui avait poussé la BCE à baisser en novembre son taux directeur d'un quart de point à 0,25%, son niveau le plus bas historique auquel il stationne depuis, n'a pas constitué non plus une incitation à assouplir davantage sa politique monétaire.

La BCE s'attend à ce que la hausse des prix reste très contenue cette année, à 1%, soit loin de son objectif de la maintenir proche de 2%. Mais l'inflation devrait gagner en allure l'an prochain (+1,3%) et atteindre 1,5% en 2016.

-Pas d'action avant longtemps-

«Les perspectives d'inflation sont bien ancrées», a répété M. Draghi, qui a récemment écarté les menaces de déflation - une baisse générale des prix et des salaires - agitées par certains analystes et investisseurs.

Pour autant, la BCE a l'intention de maintenir sa politique accommodante actuelle, a signifié son président, qui a répété l'engagement pris l'été dernier par l'institution monétaire de maintenir ses taux faibles aussi longtemps que nécessaire. «C'est un point de consensus majeur si ce n'est l'unanimité» au sein du conseil des gouverneurs, qui comprend les chefs des 18 banques centrales de la zone euro ainsi que les cinq membres du directoire de l'institution monétaire de Francfort, a-t-il dit. Car même si la situation s'améliore, la zone euro n'est pas complètement sortie d'affaires.

Pour Jörg Krämer, économiste en chef de Commerzbank, les propos de M. Draghi laissent cependant entendre qu'elle ne baissera plus ses taux dans un avenir proche. «La possibilité de voir les taux baisser d'ici six mois à un an, ou d'autres mesures d'expansion monétaire, dépendra du niveau de l'inflation», ajoute l'économiste.

Howard Archer, d'IHS, juge aussi très peu probable que la BCE porte ses taux plus bas, et encore moins probable qu'elle fasse passer son taux de dépôt en territoire négatif comme envisagé un temps, pour encourager les banques à prêter aux entreprises et ménages. Ce taux auquel les banques déposent leurs surplus de liquidités auprès de la BCE pour 24 heures est de 0% actuellement.

«Si elle prend de nouvelles mesures, ce sera probablement en ajoutant des liquidités», ajoute-t-il même si le scénario de l'abandon d'une stérilisation des achats d'obligations publiques sous le programme SMP semble s'éloigner, M. Draghi ayant minimisé l'apport d'une telle mesure. La stérilisation consiste à inciter les banques à déposer des liquidités sur un dépôt hebdomadaire pour éviter un surplus de liquidités sur le marché et donc une menace inflationniste.

Mario Draghi a indiqué que la BCE continuait de réfléchir à la possibilité de revitaliser le marché des ABS, des crédits adossés à des actifs, ou à des rachats directs d'actifs, pour relancer le crédit. «Mais ce n'est pas facile», selon lui. Quant à l'OMT, le programme de rachat d'obligations publiques adopté en septembre 2012, il reste prêt à être utilisé, a-t-il dit, même si la Cour constitutionnelle allemande a mis en doute sa légalité.




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