Douze grandes entreprises d'État cubaines vont goûter à l'économie de marché, dans le cadre des réformes menées par le régime communiste pour dynamiser un système économique encore largement aux mains de l'État, ont annoncé vendredi les autorités cubaines.

Publié le 22 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Ces douze entreprises, du secteur de la sidérurgie à celui de la parfumerie en passant par le ciment, la production de batteries automobiles ou de sel, pourront désormais commercialiser librement leur surplus de production, après la réalisation de leurs contrats avec l'État, indique le quotidien du Parti communiste, Granma.

La mesure, menée de manière expérimentale dans ces douze entreprises, devrait ensuite être généralisée à partir de janvier 2014.

L'expérience «consiste à donner la faculté aux gérants de ces entreprises de vendre en gros à des entreprises cubaines, une fois remplis leurs contrats, les excédents de leur production ou leurs services, en tenant compte des demandes du marché et en couvrant leurs coûts, leurs frais et leurs obligations fiscales», selon Granma.

«L'expérience doit permettre aux entreprises d'augmenter leurs chiffres d'affaires, source de recapitalisation, d'investissements et de revenus pour les travailleurs», ajoute le journal.

L'État cubain possède et gère plus de 90% des entreprises du pays et détient une majorité du capital de toutes les entreprises mixtes créées avec des groupes étrangers.

Les réformes lancées depuis trois ans par le président cubain Raul Castro pour «actualiser» un modèle économique calqué sur celui de l'Union soviétique des années 80 vise notamment à redonner de l'autonomie aux entreprises d'État.

Le gouvernement a déjà restructuré plusieurs secteurs clés de son industrie comme le sucre ou la pharmacie, en créant des groupes d'entreprises se substituant à l'administration centralisée de ministères.

L'État s'efforce également d'encourager le secteur privé, incarné par les travailleurs indépendants et les coopératives, notamment dans le secteur agricole, gros point noir de l'économie cubaine.