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Angleterre: reprise aux apparences trompeuses

Si l'appétit des investisseurs est bien réel, il... (Photo Toby Melville, REUTERS)

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Si l'appétit des investisseurs est bien réel, il n'est pourtant pas révélateur de l'état véritable de l'économie britannique.

Photo Toby Melville, REUTERS

Un milliard de dollars. C'est le total des sommes investies par les acheteurs du projet immobilier Circus West, qui redonnera vie à l'ancienne station thermique Battersea sur les berges de la Tamise.

Depuis leur mise en vente en janvier, plus de 95% des 866 appartements de ce projet ont trouvé preneur. Un scénario qui se répète un peu partout à Londres, comme en témoignent les dizaines de grues qui constellent le ciel de la capitale britannique, ajoutant un peu partout de nouvelles tours de bureaux et de copropriétés.

Or, si l'appétit des investisseurs est bien réel, il n'est pas révélateur de l'état véritable de l'économie britannique. Loin de là. «Il n'y a aucun doute que le rythme de croissance est très, très lent», résume David Kern, économiste en chef de la British Chamber of Commerce, en entrevue à La Presse Affaires.

La Grande-Bretagne commence tout juste à se remettre de la crise financière de 2008-2009. Le pays a traversé deux récessions depuis cinq ans, et il en a évité une troisième de justesse - le «triple dip» - au début de l'année. Le produit intérieur brut (PIB) a finalement progressé d'un maigre 0,3% au premier trimestre, après une contraction de 0,3% pendant les trois derniers mois de 2012.

«On sent que l'économie passe du calme plat à une croissance minime», note Stephen Gifford, directeur de l'analyse économique de la Confederation of British Industry.

Tournant

L'économie britannique envoie depuis quelques trimestres des signaux contradictoires, qui nuisent à une reprise véritable. «Il y a encore plusieurs écueils: les consommateurs sont encore en train de réduire leurs dettes, le gouvernement poursuit ses mesures d'austérité, les entreprises s'accrochent à leurs liquidités...», énumère M. Gifford.

Le revenu moyen des ménages demeure 6% inférieur à ce qu'il était avant la crise, souligne le FMI dans un rapport récent, tandis que le chômage des jeunes demeure élevé. Et la crise qui se poursuit dans la zone euro ne fait rien pour relancer la machine, d'autant plus que la moitié des exportations britanniques prend la route du continent européen.

Si le redémarrage de l'économie anglaise est laborieux, Londres, bien davantage que le reste du pays, demeure un pôle d'investissement majeur pour gros investisseurs institutionnels. Les caisses de retraite canadiennes sont particulièrement actives, et certaines sont sur les rangs pour participer à la privatisation du service des postes, nous ont indiqué des sources proches du dossier.

Le secteur immobilier - commercial et résidentiel - suscite aussi un vaste intérêt, comme en témoignent les nombreuses acquisitions récentes d'Ivanhoé Cambridge, la filiale immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le groupe est d'ailleurs en train de vendre tous ses actifs européens pour miser ses billes sur Londres et Paris.

«Le secteur résidentiel de Londres, dans lequel nous sommes investis, marche très bien et est porteur d'énormément de création de valeur, a souligné Meka Brunel, vice-présidente d'Ivanhoé en Europe, pendant une entrevue récente à La Presse Affaires. Les gens de partout dans le monde continuent d'investir à Londres, qui est un peu considéré comme un coffre-fort. Ils investissent à Londres, et ensuite ils regardent Paris.»

Après une timide croissance de 0,3% l'an dernier, le PIB britannique devrait progresser de 1% cette année, puis de 2% l'an prochain, prédit le cabinet PricewaterhouseCoopers.




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