L'agence de notation Moody's a laissé jeudi inchangée la note de la France, Aaa avec perspective négative, indiquant qu'elle se donne quelques mois pour évaluer la politique économique du gouvernement français, dans un environnement économique difficile en zone euro.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Pour Moody's, le nouveau président français François Hollande a montré sa détermination à relancer l'économie, mais le chemin pour y parvenir reste incertain. Le Aaa est la meilleure note possible chez Moody's.

Compte tenu des incertitudes liées à la crise en zone euro, «durant la seconde partie de l'année, et en particulier après les élections législatives à venir, Moody's attend que l'actuel gouvernement donne une image plus claire de son programme», selon l'agence de notation.

Pour elle, les objectifs de moyen terme de François Hollande, tant sur l'assainissement budgétaire que la croissance, sont quasi similaires à ceux du sortant Nicolas Sarkozy. Toutefois, M. Hollande compte davantage sur l'augmentation des recettes que son prédécesseur, selon l'agence.

Moody's a attribué une perspective négative au triple A de la France mi-février, ce qui signifie qu'elle envisage d'abaisser la note «à moyen terme».

Dans son communiqué publié jeudi, Moody's énumère les événements qui pourraient l'amener soit à dégrader la France, soit à relever la perspective à stable.

Selon Moody's, la perte du tripe A interviendrait si le gouvernement ne parvient pas à mettre en place les mesures budgétaires et économiques nécessaires pour réduire la dette.

L'agence rappelle que parmi les pays qu'elle note triple A, la France figure parmi les plus fragiles sur le critère de la dette.

Une aggravation sensible de la crise de la zone euro et l'éventualité d'un sauvetage des banques françaises comptent parmi les facteurs pouvant conduire à une dégradation.

En revanche, la France pourrait récupérer sa perspective stable si elle fait des efforts sur sa dette et si la crise européenne se fait moins ressentir.

Au lendemain du second tour de l'élection présidentielle, les concurrentes de Moody's n'avaient pas non plus changé la note sur le pays.

Standard & Poor's, qui avait avait retiré en janvier le «AAA» à la France, avait indiqué que l'élection de François Hollande n'avait pas «d'impact immédiat et Fitch avait confirmé qu'elle ne se prononcerait pas sur la perspective d'évolution du AAA (sous perspective négative) avant 2013.