Les responsables politiques et économiques du monde se retrouvent à partir de mercredi au Forum économique mondial (WEF) de Davos, qui se veut cette année celui de la transformation d'un modèle ébranlé par une crise économique sans précédent.

Publié le 22 janv. 2012
André Lehmann AGENCE FRANCE-PRESSE

À l'abri de la petite station des Alpes suisses, les quelque 2600 participants -- dont 1600 décideurs économiques et 40 chefs d'État et de gouvernement -- vont pendant cinq jours discuter de la situation du monde, protégés par un important dispositif militaire.

Mais la quiétude des cimes enneigées, dont bénéficient les participants du Forum, tranche radicalement avec les turbulences dues à l'une des plus importantes crises économiques d'après-guerre.

Le surendettement des finances publiques a entraîné l'Europe et les États-Unis dans la crise, conduisant des agences de notation, dans un mouvement sans précédent, à abaisser les notes de plusieurs pays de la zone euro, dont la France, après celle des États-Unis.

Cette situation a conduit mardi la Banque mondiale à une mise en garde contre le ralentissement de l'économie, qui risque selon elle de toucher durement les pays en développement.

Ses nouvelles prévisions économiques mondiales tablent sur une hausse du PIB planétaire de 2,5% en 2012 après une croissance estimée de 2,7% en 2011.

«Nous risquons de perdre complètement la confiance des générations futures», en raison du surendettement, du manque d'investissement dans les générations futures et d'une crise de la moralité, a estimé le président et fondateur du WEF, Klaus Schwab.

«Résoudre les problèmes avec des modèles dépassés (...) va nous enfoncer encore plus», a ajouté le professeur d'économie, qui a lancé cette rencontre il y a plus de 40 ans.

Selon M. Schwab, âgé de 73 ans, le monde se trouve dans une phase «de profond changement, qui réclame de nouvelles manières de penser».

Après le président russe Dmitri Medvedev l'année dernière, la chancelière allemande Angela Merkel prononcera mercredi le discours d'ouverture du WEF, accompagnée par son ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Mme Merkel devra cependant se passer de son incontournable compagnon de lutte contre la crise. Le président français Nicolas Sarkozy, présent l'année dernière, ne figure pas sur la liste des participants de la 42e édition du Forum.

Côté français, seuls le numéro un de l'UMP Jean-François Copé et le ministre de l'Economie François Baroin sont annoncés.

La présence du président mexicain Felipe Calderon, dont le pays préside le G20, du premier ministre britannique David Cameron et du secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner, ainsi que de la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et du patron de l'OMC Pascal Lamy devraient permettre de largement aborder la crise économique.

Le Forum n'a pas non plus voulu passer à côté des changements dans le monde arabe, avec la venue annoncée du nouveau Premier ministre tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, et du candidat à la présidentielle égyptienne Amr Moussa.

Malgré la présence de quelque 5000 soldats suisses, filtrant l'accès à la vallée, et d'avions de combat F/A-18 patrouillant dans le ciel, les participants vont avoir à faire face à la contestation du mouvement «Occupy WEF» (Occupez le Forum économique mondial).

Ces derniers ont construit des igloos au centre du village et comptent manifester contre ce qu'ils dénoncent être des «élites auto-proclamées».