Le premier ministre grec, Georges Papandréou, a réclamé dimanche la confiance du Parlement pour pouvoir faire passer son plan d'austérité et obtenir une nouvelle aide internationale, faute de quoi la Grèce encourt la faillite.

Hélène COLLIOPOULOU AGENCE FRANCE-PRESSE

«J'ai demandé le renouvellement de la confiance au gouvernement, car le pays se trouve à un point crucial», a déclaré M. Papandréou à l'ouverture d'un débat sur la confiance au Parlement qui sera ponctué par un vote mardi soir.

Le premier ministre socialiste, qui a remanié son gouvernement vendredi afin d'enrayer la fronde déclenchée par son programme d'austérité jusqu'au sein de sa majorité, a assuré «qu'un vote de confiance renforcerait la voix de la Grèce» et l'aiderait à négocier une nouvelle aide.

Marqué par la nomination d'un ténor socialiste et ancien rival de M. Papandréou, Evangélos Vénizélos, au poste clé de ministre des Finances, le nouveau gouvernement va tenter d'apaiser la grogne politique et sociale d'ici au vote crucial sur le plan d'austérité fin juin.

Le débat sur le vote de confiance coïncide avec une rencontre des ministres des Finances de la zone euro, dimanche soir et lundi, à Luxembourg qui devrait débloquer une cinquième tranche de crédit de 12 milliards d'euros et permettre au pays de passer l'été.

Mais L'Europe et le FMI pourraient débloquer le versement d'ici début juillet de seulement une partie de la prochaine tranche «un peu moins de 6 milliards d'euros d'ici au début du mois de juillet» pour maintenir le pays à flots, a laissé entendre dimanche soir le ministre belge des Finances, Didier Reynders, en arrivant à la réunion à Luxembourg.

Cette tranche fait partie d'un premier plan d'aide de 110 milliards d'euros accordé à la Grèce en 2010 par l'UE et le FMI, en échange d'un premier volet d'austérité.

Ce premier prêt s'avérant insuffisant pour autoriser le pays à revenir se financer sur les marchés en 2012, comme il l'espérait initialement, la zone euro doit débattre également dimanche d'un plan d'aide à plus long terme pour rassurer les marchés financiers qui continuent de parier sur une faillite grecque.

Le premier ministre grec a vainement appelé l'opposition de droite à se rallier à un «accord national» sur la politique d'austérité. Cette dernière a de nouveau refusé dimanche et réitéré que la solution passait par des élections anticipées, une solution réclamée également par les dirigeants des trois autres partis de l'opposition, la gauche communiste (KKE), la gauche radicale (Syriza) et l'extrême droite (Laos).

Le gouvernement continue aussi à faire face à la mobilisation de la rue qui reste forte face à la perspective d'une nouvelle cure d'austérité alors que le pays est déjà plongé dans la récession.

Plus de 5000 personnes, selon la police, des sympathisants du mouvement populaire des "indignés", ont manifesté pour le quatrième dimanche consécutif contre l'austérité devant le parlement sur la place Syntagma à Athènes, à l'appel paneuropéen de ce mouvement. Toutefois, dimanche dernier le nombre d'indignés s'était élevé à 15 000 personnes.

«Avec l'austérité en 2010, le pays est devenu plus pauvre (...) nous voulons des élections», a déclaré à l'AFP Maria Papadimitriou, une manifestante de 52 ans, employée d'une entreprise.

Campant depuis le 24 mai place Syntagma, les «indignés» doivent se retrouver à nouveau mardi soir, lors du vote de confiance au nouveau gouvernement.

Le puissant syndicat du secteur privé (GSEE) a appelé à une nouvelle grève générale de 48 heures, fin juin, lors du vote du plan d'austérité tandis qu'à partir de lundi, le syndicat de la société d'électricité (DEI) doit observer des grèves de 48 heures reconductibles pour protester contre la privatisation du groupe, prévue d'ici 2012.