Les ministres de l'Agriculture des grands pays industrialisés et émergents, membres du Groupe des 20 (G20), se retrouvent jeudi et vendredi à Buenos Aires pour débattre de la hausse des prix alimentaires et de la nécessité ou non de réguler le marché.

Publié le 18 mai 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Ils discuteront des causes principales de la volatilité des prix alimentaires et de la meilleure manière d'y faire face, la question des denrées étant au programme de travail des pays du G20 pour 2011, selon une source officielle.

Le gouvernement argentin considère que le problème des matières premières est lié à une demande soutenue en produits alimentaires dans le monde et qu'il faut accroître l'offre et non réguler les prix.

«Le Brésil est totalement opposé à tout mécanisme de contrôle ou de régulation du prix des matières premières», a abondé le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega.

Cette position est partagée par des pays comme le Canada, l'Australie ou la Grande-Bretagne, alors que d'autres pays, comme la France, co-organisatrice de l'événement au titre de président en exercice du G20, estiment que le fonctionnement des marchés doit être «plus équitable, plus juste».

«N'oublions pas que les émeutes de la faim sont encore une réalité aujourd'hui», a récemment fait valoir le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, qui ouvre jeudi le débat dans un grand hôtel de la capitale.

La France souhaite l'instauration d'une «transparence» des marchés. En clair, mieux connaître la production, la consommation, ainsi que l'état des stocks de cultures comme le blé ou le maïs, pour mieux anticiper les crises.

«Il y a deux positions opposées», explique à l'AFP Mauricio Claveri, analyste chez Abeceb.com.

«Les pays émergents, comme l'Argentine et le Brésil, ont beaucoup souffert il y a quelques années lorsqu'ils devaient exporter de plus en plus de matières premières pour importer les mêmes produits manufacturés», dit cet analyste.

«Ils voient d'un mauvais oeil qu'on essaye, maintenant que le prix des matières premières leur est favorable, d'obtenir une régulation qu'on n'a pas recherché dans la situation inverse», selon lui.

Ces discussions vont précéder une réunion des ministres de l'Économie et des Finances du G20 qui s'efforcera de coordonner les politiques des pays industrialisés et émergents, avant le sommet des chefs d'État et de gouvernement prévu en novembre à Cannes, en France.

Selon le ministère argentin de l'économie, les ministres de l'Union européenne, du G8 (États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Russie) et de pays émergents (Corée du sud, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Indonésie, Mexique, Arabie saoudite, Afrique du Sud et Turquie), sont attendus à la réunion.

Des représentants d'organisations internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Commission économique pour l'Amérique latine (CEPAL), l'Organisation des États américains (OEA) et de l'Onu doivent aussi être présents.