L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's a douté vendredi de la capacité du G20 à réussir une coordination des politiques économiques entre ses pays membres susceptible de stabiliser le système monétaire international.

Publié le 19 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«A court terme, il ne va pas se passer grand-chose» qui puisse résoudre le problème des déséquilibres des comptes courants des grandes puissances économiques de la planète, a affirmé S&P, dans une note intitulée «Pourquoi le sommet du G20 a fait peu de choses pour rééquilibrer l'économie mondiale».

 

«Les pays en excédent avec des monnaies sous-évaluées continueront à essayer de protéger ces excédents en maintenant leur taux de change sous-évalué. Les pays en déficit essayent de plus en plus de réduire la valeur de leurs monnaies», a expliqué l'économiste en chef de l'agence, David Wyss.

«Mathématiquement, ça ne fonctionne pas puisque le monde a besoin de s'équilibrer, et que les taux de change ne sont calculés que les uns par rapport aux autres», empêchant toutes les monnaies de se déprécier en même temps, a souligné M. Wyss.

La France a fait de la réforme du système monétaire international l'une des priorités de sa présidence du G20, qui doit se conclure par un sommet à Cannes en novembre 2011. Elle souhaite «trouver des plateformes de concertation et de convergence» des politiques économiques, selon sa ministre de l'Économie Christine Lagarde, afin d'éviter une guerre des monnaies.

Pour S&P, la situation actuelle est pourtant difficilement tenable, entre les déficits des États-Unis et les excédents des trois autres plus grandes économies mondiales, la Chine, le Japon et l'Allemagne.

L'agence a comparé les déséquilibres du système monétaire international à ceux de «l'étalon-or, qui s'est effondré à la fin des années 20 pour les raisons mêmes qui font que l'étalon-dollar actuel est en train d'échouer».