L'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P) a de nouveau averti vendredi l'Espagne sur ses déficits publics, jugeant peu probable qu'elle puisse les ramener à 3% du PIB en 2013 comme s'y est engagé le gouvernement.

Mis à jour le 26 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous pensons que les faibles perspectives de croissance de l'Espagne pourraient saper le programme de consolidation fiscal du gouvernement», écrit l'agence de notation dans un communiqué.

S&P avait abaissé en décembre à «négative» contre «stable» auparavant la perspective de l'Espagne, qu'elle avait déjà retiré de sa liste des pays les mieux notés en janvier 2009 en attribuant la note de «AA+» à sa dette long-terme, contre «AAA» auparavant.

L'agence a souligné vendredi avoir pour le moment décidé de maintenir cette perspective négative «en l'absence d'actions plus énergiques et tangibles des autorités pour lutter» contre les déficits et la dette publiques.

«Toute détérioration (...) de nos prévisions actuelles pourrait mettre une pression accrue à la baisse sur la note de l'Espagne», avertit S&P.

Le gouvernement a annoncé en janvier un plan d'austérité de 50 milliards d'euros sur trois ans, visant à ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 contre 11,4% en 2009, sous pression de Bruxelles et de marchés spéculant sur une possible contagion à l'Espagne de la crise grecque de la dette.

Mais S&P juge «probable» que le déficit de l'Espagne «continue de se situer au-dessus de 5% du PIB en 2013».

«En conséquence, nous estimons que le fardeau de la dette publique de l'Espagne augmentera à plus de 80% du PIB en 2012», poursuit l'agence.