Le premier ministre du Québec, Jean Charest, espère avoir conclu la totalité des arrangements de reconnaissance mutuelle sur les métiers et professions concernés avec la France d'ici sa prochaine visite dans ce pays, en octobre ou novembre.

Lia Lévesque LA PRESSE CANADIENNE

Jusqu'ici, 22 arrangements de reconnaissance mutuelle entre métiers et professions en France et au Québec ont été signés.

Ultimement, c'est donc une centaine de ces accords qui devraient être conclus d'ici la visite de M. Charest à Paris, l'automne prochain.

L'accord initial visant à accroître ainsi la mobilité de la main-d'oeuvre entre le Québec et la France énonçait l'objectif plus général de «la fin de l'année 2010».

Le premier ministre a devancé cet objectif, lundi, alors qu'il s'adressait à un parterre de représentants des ordres professionnels et des métiers concernés, à Montréal. «Vous avancez plus rapidement, je dirais, que nous l'avions espéré», leur a-t-il confié.

«Le projet qu'on fait va faire tomber des barrières de papiers, des règlements, pour que les citoyens puissent exercer leur métier d'un côté ou de l'autre de l'océan comme si de rien n'était. La vision que nous voulons, c'est que ce soit aussi libre que possible», a commenté le premier ministre du Québec.

Lundi entraient d'ailleurs en vigueur les règlements portant sur 11 des 22 métiers qui ont déjà conclu leur entente, notamment pour les charpentiers-menuisiers, les couvreurs, les carreleurs, les mécaniciens de machines fixes et autres.

Les travailleurs québécois de ces 11 métiers peuvent donc maintenant demander la reconnaissance de leurs qualifications en France et vice-versa.

Le premier ministre Charest s'est dit confiant que cette entente France-Québec sur la mobilité de la main-d'oeuvre saura inspirer une entente plus large encore entre le Canada et l'Union européenne.

«On veut, nous, une entente qui va être de nouvelle génération en Europe. Et dans la définition de nouvelle génération, il y a tout ce qui relève d'un accord de libre-échange sur les biens, les services, l'investissement, l'harmonisation des normes et ces choses-là qui facilitent le commerce. Il y a en plus une entente sur la coopération», a-t-il expliqué.

Réaction

Le président-directeur général du Collège des médecins du Québec, le docteur Yves Lamontagne, présent lors de l'allocution de M. Charest, a indiqué que l'entente était déjà ficelée et pratiquement fonctionnelle dans le cas des médecins.

L'Accord de reconnaissance mutuelle est signé dans leur cas et les règlements inhérents «sont faits, sont envoyés à l'Office des professions et c'est une question de semaine» avant que le tout soit officiel. «Pour nous autres, c'est dans le sac, en d'autres mots», a conclu le docteur Lamontagne.

Selon lui, dès maintenant, des médecins français ayant fait leurs cours de médecine et de spécialité en France peuvent demander la reconnaissance de leurs qualifications au Québec et vice-versa. «Il y a déjà des médecins qui ont appliqué à date. On est très ouverts», a-t-il assuré.