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La Banque du Canada vise les marchés de l'habitation de Toronto et Vancouver

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La Banque du Canada affirme que la demande étrangère a contribué à la hausse des prix de l'immobilier à Toronto et à Vancouver, ce qui augmente l'endettement d'ensemble des ménages.

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Ottawa

La Banque du Canada juge que les hausses de prix observées sur les marchés immobiliers de Vancouver et de Toronto ne sont pas soutenables à leur rythme actuel.

Dans sa plus récente évaluation de la santé financière du Canada, la banque centrale a visé le secteur de l'habitation en affirmant que les vulnérabilités attribuables à la croissance soutenue de la dette des ménages et aux déséquilibres plus marqués dans les marchés régionaux de l'habitation s'étaient accentuées dans les six derniers mois.

La sévérité des risques associés à une forte correction des prix de l'immobilier à Vancouver et Toronto a progressé, tout comme celle des tensions financières des ménages, a indiqué jeudi la Banque du Canada dans sa revue semestrielle du système financier.

«Dans ce scénario de risque, une profonde récession au Canada provoque une forte augmentation du chômage à l'échelle du pays, qui soumet bon nombre de ménages fortement endettés à des tensions financières et entraîne une correction généralisée des prix des logements», a indiqué la banque centrale dans son rapport.

«Cette succession d'événements mettrait le système financier et l'économie réelle à rude épreuve. Un tel scénario pourrait se dérouler si l'économie canadienne était frappée par un choc de demande négatif de grande ampleur, mais la probabilité que ce risque se matérialise demeure faible.»

La banque a aussi estimé que la hausse rapide des prix à Vancouver et à Toronto, ainsi que dans certaines régions qui leur sont avoisinantes, était peut-être soutenue par les «anticipations à leur sujet, qui s'autoalimentent». Selon elle, il est peu probable que les données économiques fondamentales justifient le maintien de hausses aussi de prix aussi solides.

«Cela donne à penser que les acheteurs potentiels et leurs prêteurs devraient éviter les extrapolations fondées sur les récents prix de l'immobilier lorsqu'ils envisagent d'effectuer une transaction», a affirmé le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, dans une déclaration accompagnant la Revue du système financier.

Cet avertissement survient alors que le gouvernement fédéral est confronté à une certaine pression de la part de chercheurs, banquiers et autres observateurs du marché de l'habitation pour attaquer le problème de l'expansion du niveau d'endettement des ménages et celui de la hausse des prix des maisons, particulièrement à Vancouver et à Toronto.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a indiqué mercredi qu'Ottawa effectuait un examen «en profondeur» des divers marchés du logement au Canada afin de déterminer si de nouvelles mesures sont requises pour s'assurer que les Canadiens puissent toujours pouvoir acheter des maisons.

M. Morneau n'a pas précisé quel genre de changements le gouvernement envisageait, ou à quel moment il pourrait les présenter.

Au cours de l'hiver, le gouvernement a augmenté la mise de fonds minimale pour l'achat de maisons valant plus de 500 000 $, la faisant passer de cinq à dix % pour la portion du prix qui dépasse le cap du demi-million de dollars. Cette mesure visait précisément les marchés de Vancouver et de Toronto.

Ottawa tente aussi de déterminer s'il est possible de vérifier l'hypothèse voulant que la demande des acheteurs étrangers fasse grimper les prix des propriétés, comme certains l'avancent, a ajouté M. Morneau.

Le rapport de la banque centrale affirme que la demande étrangère a contribué à la hausse des prix à Toronto et à Vancouver, ce qui augmente l'endettement d'ensemble des ménages. Mais la banque a précisé qu'il était actuellement difficile d'évaluer l'impact des investissements étrangers.

Selon le document, la croissance des prix des maisons dans la grande région de Vancouver depuis l'an dernier a atteint 30 % le mois dernier, alors qu'elle était de 15 % en décembre. À Toronto, les prix ont grimpé de 15 %, comparativement à 10 % il y a six mois.

Le rapport, qui examine les vulnérabilités et les risques du système financier, a aussi souligné d'autres inquiétudes persistantes, notamment la fragilité de la liquidité des marchés de titres à revenu fixe.

La Banque du Canada a aussi évoqué les risques d'une forte augmentation des taux d'intérêt à long terme, des tensions en provenance des marchés en émergence comme la Chine et de la faiblesse prolongée des prix des matières premières.

«Le niveau de risque global pesant sur le système financier canadien est essentiellement inchangé par rapport à ce qu'il était il y a six mois», a indiqué la banque centrale.

«Les vulnérabilités des ménages se sont accentuées, mais la reprise économique en cours au Canada implique que le risque global reste au même niveau. Le système financier du Canada est résilient et fait preuve d'efficacité.»




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