Le mégaprojet de centre commercial Royalmount, situé à l'angle des autoroutes 15 et 40, a franchi une étape importante lundi soir en recevant le feu vert du conseil municipal de la ville de Mont-Royal.

Mis à jour le 22 sept. 2015
Maxime Bergeron LA PRESSE

Ce projet controversé de 1,7 milliard de dollars prévoit l'érection d'un gigantesque centre commercial, ainsi que des bureaux, des hôtels et un théâtre, sur d'anciens terrains industriels. 

Tous les conseillers municipaux de Mont-Royal, sauf un, ont voté en faveur du changement de zonage qui permettra la construction du complexe par le promoteur Carbonleo.

«Ce sont de super bonnes nouvelles, ça faisait un bout qu'on travaillait là-dessus avec la ville de Mont-Royal», s'est réjoui Claude Marcotte, associé et vice-président exécutif de Carbonleo, en entrevue à La Presse Affaires.

Huit Centre Eaton 

Le projet Royalmount a suscité de nombreux débats depuis son annonce officielle en mai dernier. 

Plusieurs marchands du centre-ville craignent de perdre des clients au profit de cet immense centre commercial, tandis que les automobilistes appréhendent d'importants bouchons dans ce secteur déjà très achalandé de la métropole.

Il faut dire que le projet est impressionnant -et très dense. Les plans actuels prévoient 4 millions de pieds carrés de superficie locative, répartis sur des terrains de 2,5 millions de pieds carrés.

En comparaison, le Quartier Dix30 de Brossard compte 3 millions de pieds carrés de commerces et bureaux, étalés sur des terrains de 9 millions de pieds carrés. S'il va de l'avant comme prévu, le projet de Carbonleo représentera l'équivalent de huit Centres Eaton, combinés à une Place Ville-Marie.

Changements majeurs

Le vote de lundi soir au conseil municipal de Mont-Royal fait suite au projet particulier d'urbanisme adopté par la ville en juin dernier. La municipalité avait 90 jours pour modifier ses règles de zonage en conséquence.

« Il y avait beaucoup d'usages qui n'étaient pas permis, a expliqué à La Presse Affaires le maire Philippe Roy. On a autorisé les usages pour des hôtels, centres de congrès, en restauration, en divertissement, ainsi que des changements en terme de hauteurs autorisées. »

Philippe Roy reconnaît que le projet n'est « pas parfait », surtout en ce qui a trait à la circulation automobile. Mais il estime que la population de Mont-Royal l'approuve dans une vaste majorité, d'autant plus que la ville cherchait depuis des années à donner une nouvelle vocation à son parc industriel désuet.

Carbonleo se donne encore quelques mois pour peaufiner la forme finale que prendra son projet, dont l'architecture a été confiée au groupe québécois Lemay. Benoy, une firme de Londres spécialisée dans les complexes multifonctions, s'est greffée récemment à l'équipe de conception.

« Le concept évolue, on veut vraiment que ce soit le 'mall of the future', si vous me permettez l'anglicisme, on veut que ce soit une référence mondiale », a indiqué Claude Marcotte.

Malgré les approbations reçues à Mont-Royal, la Ville de Montréal aura aussi son mot à dire. La Commission de développement économique devra ainsi donner son aval au projet, a fait savoir le maire Denis Coderre mardi matin.