Marmen a le vent en poupe

Vincent Trudel est vice-président exécutif, chef des opérations... (Photo François Gervais, Le Nouvelliste)

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Vincent Trudel est vice-président exécutif, chef des opérations chez Marmen. « On est des spécialistes dans la conception et l'usinage haute précision de pièces d'acier complexes », explique-t-il.

Photo François Gervais, Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Il est difficile de ne pas sentir la présence de Marmen quand on circule dans Trois-Rivières. L'usine principale du fabricant haute précision de pièces d'acier de toutes tailles a connu 19 agrandissements au cours des 20 dernières années. Le spécialiste de l'usinage de gigantesques tours d'éoliennes a construit depuis 2002 deux immenses ateliers d'usinage et des entrepôts, a acheté des rues à la municipalité, et ses activités industrielles débordent même sur les terrains de l'aéroport, à l'extérieur de la ville.

Marmen occupe aujourd'hui la place que monopolisaient à l'époque les entreprises du secteur forestier dans le paysage industriel de Trois-Rivières.

L'entreprise familiale fondée en 1972 par Fernand Pellerin, qui est maintenant dirigée par son fils Patrick, emploie plus de 800 personnes à Trois-Rivières, 200 à son usine de tours d'éoliennes de Matane et 300 à celle de Brandon, dans le Dakota du Sud.

« On est des spécialistes dans la conception et l'usinage haute précision de pièces d'acier complexes. On s'est lancé dans la fabrication des tours d'éoliennes en 2002 et on est maintenant le co-leader en Amérique du Nord », explique Vincent Trudel, cet ingénieur qui s'est joint à Marmen en 1997, lorsque le groupe ne comptait qu'une centaine d'employés, et qui est aujourd'hui vice-président exécutif et chef des opérations de l'entreprise.

Marmen prévoit livrer cette année un millier de tours d'éoliennes pour ses clients d'Amérique du Nord, les grands fabricants tels que GE-Alstom, Siemens, Toshiba, Hitachi ou Mitsubishi.

Le secteur de l'éolien génère aujourd'hui plus de 50 % du chiffre d'affaires de l'entreprise familiale trifluvienne. Une proportion qui devrait se maintenir au moins jusqu'en 2021.

« En 2020, la loi américaine qui assure une partie de financement gouvernemental pour l'érection de parcs d'énergie éolienne va arriver à terme, et on ne pense pas que le gouvernement actuel va la prolonger », observe Vincent Trudel.

Ce désengagement de l'État fédéral américain pourrait avoir un impact sur les projets futurs, bien que les prix de l'énergie éolienne n'aient cessé de chuter depuis 2007 pour en faire aujourd'hui une solution de rechange hautement concurrentielle.

UNE CROISSANCE SOUTENUE

C'est en 2002 que Marmen a entrepris de se lancer dans la construction de tours d'éoliennes. Il faut dire que ce spécialiste de la fabrication de pièces usinées de grande taille avait le savoir-faire nécessaire pour s'attaquer à ce marché qui paraissait hautement prometteur.

« On était déjà impliqué dans le secteur de l'énergie. On fabriquait - et on fabrique toujours - de grosses pièces qui entrent dans la fabrication de turbines et de génératrices de centrales électriques. On fabrique aussi des composantes de turbines à gaz, de centrales nucléaires et de tours de forage pétrolier », précise Vincent Trudel.

Pour faire face à la forte demande, Marmen ouvre une deuxième usine à Matane dont la production servira à combler notamment les besoins pour les parcs éoliens de la Gaspésie.

« On s'est aussi attaqué au marché américain que l'on servait à partir de nos installations de Trois-Rivières et de Matane. Mais au-delà de 500 milles [NDLR : 800 kilomètres], les coûts d'expédition rendent l'opération moins rentable.

« On a donc décidé de construire une usine dans le Dakota du Sud pour mieux avoir accès à l'important marché du Midwest américain », relate le gestionnaire.

En 2003, Marmen a dépêché une douzaine de familles de ses employés-clés de Trois-Rivières et de Matane pour démarrer l'opération américaine à partir de zéro.

« On voulait implanter notre culture d'entreprise, nos façons de faire. Cela a coûté plus cher au départ, mais dès la première année d'opération, l'usine de Brandon était profitable. » - Vincent Trudel

Aujourd'hui, 100 % de la production de tours d'éoliennes de Marmen est destinée au marché de l'exportation. Depuis l'automne, aucune tour n'a été livrée au Québec, où les projets d'éoliennes sont sur la glace. Les usines de Trois-Rivières et de Matane livrent en Ontario, dans le nord-est des États-Unis ainsi que dans le Midwest.

« Notre usine américaine fabrique les bases des tours qui sont plus larges et plus épaisses. Nos usines québécoises fabriquent les cylindres qui forment le haut des tours », explique Vincent Trudel.

Les tours d'éoliennes mesurent en moyenne entre 80 et 135 mètres et sont formées d'unités de 20 à 30 mètres. Chaque unité est livrée sur un wagon de train et les convois comportent habituellement une soixantaine de wagons.

DIVERSIFICATION PERMANENTE

Même si la fabrication de tours d'éoliennes va se poursuivre à une forte cadence au cours des trois prochaines années, Marmen continue de diversifier ses marchés en desservant notamment de grands donneurs d'ordre du secteur de l'aéronautique.

« On réalise des composantes importantes de trains d'atterrissage et on usine des pièces de moteurs pour GE, Safran ou Rolls-Royce. On est toujours à la recherche de nouveaux clients », observe Vincent Trudel.

Marmen n'a pas réalisé de mises à pied depuis 2002. Au contraire, l'entreprise qui emploie 1300 personnes, dont près de 70 ingénieurs, est toujours à la recherche de candidats pour pourvoir des postes vacants, une vingtaine présentement.

Comme le souligne avec sagesse Vincent Trudel : « Une entreprise, c'est comme un bon plombier, quand tu es bon, tu ne manques jamais de travail. »




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