La rue Chabanel a d'abord bénéficié d'une cure jeunesse de 18 millions de dollars. Maintenant, un regroupement s'attaque à la revitalisation du quartier et cherche à séduire des entreprises pour qu'elles s'y établissent. En fait foi la campagne publicitaire «À la conquête de l'espace», signée par l'agence Bleublancrouge.

Mis à jour le 24 mars 2011
Isabelle Massé LA PRESSE

Le quartier Chabanel, qui incarne depuis des décennies l'industrie textile montréalaise, veut ainsi attirer les regards vers lui et prouver qu'on y trouve plus que d'énormes blocs d'édifices construits dans les années 60, 70 et 80 dont certains ont été désertés.

Lundi, le Regroupement du Quartier Chabanel a officiellement fait connaître son plan d'action et ses réalisations. Non seulement veut-il revaloriser la mission mode du secteur, mais il veut aussi ouvrir les bras au design, aux technologies et aux services. Le Regroupement veut également valoriser toutes les fonctions du quartier. On prévoit en plus aménager des espaces verts et on espère attirer des promoteurs immobiliers.

S'il faudra une décennie pour assister à une transformation du secteur, le plan d'action du Regroupement est réaliste, aux yeux de Brett Miller, de l'agence immobilière CB Richard Ellis Group. «Je suis plutôt optimiste pour le quartier, dit le directeur régional, Est du Canada, à La Presse Affaires. Car les loyers augmentent au centre-ville. Le marché va donc chercher des alternatives en périphérie, en banlieue et dans les projets de conversion, soit des immeubles anciens ou industriels convertis en bureaux.»

Le 5800, rue Saint-Denis, gros immeuble cubique situé à deux pas du métro Rosemont, a par exemple attiré au cours des dernières années des entreprises techno comme CGI et Gameloft.

Bien positionné

Le quartier Chabanel, pour sa part, est bien positionné et compte déjà quelques atouts, selon Brett Miller. «On y trouve déjà des immeubles bien aménagés et des loyers très attrayants», souligne-t-il.

Des données obtenues pour six édifices de la rue Chabanel indiquent qu'il y a présentement 820 000 pieds carrés disponibles. Les prix de location varient de 5$ à 18$ le pied carré pour des locaux allant de 630 à 105 000 pieds carrés. «Tout dépend de l'investissement des propriétaires dans l'amélioration locative, note Brett Miller. Il reste que c'est au moins deux fois moins cher par rapport à des immeubles de catégorie A du centre-ville, comme la Place Ville-Marie.»

Il y aurait des millions de pieds carrés à convertir en bureaux dans le quartier Chabanel, situé juste à côté du marché central. «On peut attirer des entreprises qui ont besoin de grandes surfaces, d'espaces ouverts et facilement accessibles, dit Brett Miller. Ce que permet le quartier grâce au transport en commun et au train de banlieue. Mais pas des cabinets d'avocat, conseils ou des sièges sociaux.»

Le Regroupement rêve d'un quartier design qui accueillera éventuellement des événements culturels et mode. «C'est comme le Meatpacking district de New York qui est devenu trendy, a souligné Stéphanie Cardinal, membre du conseil d'administration, en décembre 2010 au Globe&Mail. Nous avons la même vision pour Chabanel.»