Francisco Vega a une tâche pour le moins délicate à Farnborough et au-delà.

Marie Tison LA PRESSE

Le vice-président aux ventes et marketing de Mecachrome doit raccommoder les relations entre l'entreprise et ses clients, des relations qui se sont effilochées lorsque Mecachrome s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, en décembre 2008.

«Les maîtres d'oeuvre recherchent des fournisseurs qui ont une solidité financière, a déclaré M. Vega à La Presse Affaires, dans le cadre du Salon international de Farnborough. Ça n'a pas été le cas de Mecachrome. Il y a eu un trou, mais nous en sommes revenus.»

Bombardier est un client qui a été particulièrement échaudé.

«Bombardier a subi les conséquences du processus d'arrangement, a déclaré M. Vega. C'est une relation qui doit s'améliorer. C'est un client très important pour nous, surtout pour nos activités au Canada.»

Mecachrome devait monter à bord de la CSeries en fabricant les pylônes, ces composants qui font le lien entre les moteurs et les ailes. Bombardier a plutôt confié ce travail à une entreprise de Wichita, Spirit Aerosystems, ancienne filiale de Boeing.

«Nous sommes conscients que nous avons perdu l'élan, a admis M. Vega. Nous allons essayer de nous rattraper.»

Mecachrome, entreprise française qui s'était établie dans la région montréalaise, a connu ce que M. Vega a qualifié de «tempête parfaite». Elle avait investi de fortes sommes pour produire des composants pour trois programmes majeurs: l'A380 d'Airbus, le Boeing 787 et l'avion de transport A400 M d'Airbus.

Les deux premiers programmes ont connu des retards de deux ans. Le 787, surnommé le Dreamliner, n'a fait sa première sortie internationale que cette semaine à Farnborough.

Le dernier programme, l'A400 M, a connu de sérieux problèmes de mise au point qui ont fait craindre pour sa survie.

«Ces retards ont eu des impacts sur le rendement des investissements de Mecachrome, a affirmé M. Vega. C'est ce qui a déclenché la bombe dans les finances de l'entreprise.»

Et pour couronner le tout, le moratoire décrété sur la création de nouveaux moteurs de Formule 1 a eu des effets très négatifs sur la deuxième division de Mecachrome, l'automobile.

Mecachrome fabrique encore des composants pour l'A380, l'A400 M et le 787, mais en quantités réduites.

Pour restaurer les relations avec les clients, le vice-président aux ventes et marketing veut faire valoir la présence d'une nouvelle équipe de gestion à la tête de Mecachrome, présidée par Jean-Claude Lepage, anciennement du groupe Safran.

M. Vega veut également souligner la capacité de Mecachrome, notamment à son usine de Mirabel.

«Nous avons une technologie de pointe qui peut absorber des volumes importants, a-t-il soutenu. Nous avons des technologies avancées en usinage d'aluminium et une grande expertise en titane.»

Enfin, M. Vega veut promouvoir des alliances avec d'autres PME de l'aéronautique.

«Les maîtres d'oeuvre veulent des produits intégrés, a-t-il affirmé. Les fournisseurs doivent se parler.»

Mecachrome compte maintenant 1400 employés, dont 160 dans la région montréalaise. Avant la crise, ils étaient 440 à Montréal.