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300 emplois menacés au Saguenay

Michel Munger
La Presse

(Montréal) Comme si la récession et les difficultés d'AbitibiBowater (T.ABH) ne faisaient pas déjà assez mal au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une autre tuile vient de tomber sur la tête de la région.

L'usine de Saint-Félicien du Fonds de revenu SFK Pâte (T.SFK.UN), producteur de pâte commerciale qui sert à fabriquer du papier, et 306 emplois locaux sont menacés par l'annulation par AbitibiBowater de contrats signés en 2002.

 

La société papetière en difficulté a envoyé un avis vendredi dernier pour informer SFK qu'elle mettait fin immédiatement aux ententes d'approvisionnement en fibre de bois et écorce qui liaient les deux entreprises. Ce partenariat est une condition vitale d'existence pour l'usine de Saint-Félicien, qui en tire 80% de son approvisionnement. L'installation était déjà en arrêt de production depuis février. Maintenant, il n'est pas clair que le travail pourra recommencer.

SFK Pâte, qui emploie 550 personnes et qui a deux autres usines aux États-Unis, avoue que la nouvelle donne pourrait la placer en situation défaut de paiement. C'est pourquoi elle envisage de contester la décision et elle prévoit rencontrer son «ancien» partenaire d'affaires au cours des prochains jours. SFK, dont la capacité annuelle s'élève à 745 000 tonnes métriques de pâte, dit aussi collaborer avec le gouvernement du Québec pour trouver des solutions.

Toutefois, AbitibiBowater ne coupe pas les vivres à SFK pour rien. Elle le fait précisément dans le contexte de sa restructuration avec la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Le géant montréalais du papier journal a le droit d'annuler des contrats avec l'approbation judiciaire ou celle du contrôleur Ernst&Young.

Peu importe si une contestation est possible, la nouvelle menace pour Saint-Félicien alourdit les problèmes de l'industrie forestière au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Déjà, 4500 emplois sont menacés en raison du risque de faillite d'AbitibiBowater.

D'autres faits ont de quoi aussi inquiéter les Saguenéens et les Jeannois, car la situation d'AbitibiBowater ne touche pas que ses employés ou SFK Pâte. L'entreprise doit plus de 6 millions de dollars à 125 entrepreneurs forestiers. Elle détient des propriétés dans 14 municipalités de la région avec une facture de taxes foncières évaluée à 7,2 millions pour l'année en cours.

À certains endroits, comme Saint-David-de-Falardeau, les taxes versées par AbitibiBowater représentent 47% du budget municipal.

De plus, l'entreprise détient les droits sur 80% des volumes forestiers disponibles dans la forêt publique locale.

La perspective d'une faillite semble donc catastrophique, mais la direction de SFK Pâte a tenté de calmer le jeu autant qu'elle le pouvait hier. «Tout en travaillant à garantir l'approvisionnement optimal de fibre à notre usine de Saint-Félicien, nous cherchons à atténuer le plus possible les éventuels effets négatifs sur nos parties prenantes», indique Pierre Gabriel Côté, PDG de SFK Pâte.

«Nous avions l'intention de reprendre les activités de l'usine de Saint-Félicien au début du mois de mai, ajoute M. Côté. Nous réévaluons présentement nos plans à la lumière de ces nouvelles circonstances. SFK Pâte continuera aussi à équilibrer ses stocks avec son carnet de commandes et maintenir une gestion serrée de ses liquidités jusqu'à ce que la demande pour ses produits se consolide.» Les parts de SFK Pâte ont terminé la séance d'hier en baisse de 3 cents, à 56 cents, à la Bourse de Toronto.

 




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