Les prix à la production aux États-Unis ont progressé plus que prévu en juin, tirés essentiellement par le secteur des services avec des marges importantes dans les ventes au détail de carburants, a indiqué mercredi le département du Travail.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Après une augmentation de 0,5% en mai, ils ont avancé de 0,3% en juin en données corrigées des variations saisonnières alors que les analystes tablaient sur une augmentation de 0,2%.

Sur un an, ils progressent de 3,4%: c'est la plus forte hausse annuelle depuis novembre 2011, a précisé le département du Travail.

Hormis les secteurs volatils de l'alimentation, de l'énergie et des services au commerce, la hausse des prix à la production est également de 0,3% contre 0,1% en mai.

Les prix des services ont accéléré de 0,7% et ceux de l'énergie de 0,8%.

Le département du Travail a enfin noté la hausse record des prix du transport routier désormais au plus haut depuis le début de la publication de données en 2009.

L'indice des prix à la consommation pour le mois de juin doit être publié jeudi et les analystes s'attendent à une progression de 0,2% sur le mois pour l'indice général et de même ampleur pour l'indice de base (hors énergie et alimentation). En mai, et sur un an, ces chiffres étaient respectivement de 2,8% et de 2,2%.

Les chiffres de l'inflation sont actuellement particulièrement surveillés, car ils donnent une indication de la politique monétaire de la Fed dans les mois à venir. Les marchés tablent actuellement sur deux autres hausses d'ici la fin de l'année après les deux premières survenues en mars et en juin qui ont porté les taux directeurs dans une fourchette comprise entre 1,75% et 2%.

«Mur des tarifs»

La Fed se fixe un objectif d'inflation de 2%, mais s'appuie toutefois sur une autre référence, l'indice des prix basé sur les dépenses de consommation (PCE), dont la hausse sur un an s'est établie en mai à 2,3%. Les chiffres pour juin doivent être annoncés le 31 juillet, juste au moment de la prochaine réunion du comité monétaire de la banque centrale.

La Fed a toutefois indiqué qu'elle était prête à laisser l'inflation dépasser sa cible pendant quelques mois, mais reste très vigilante sur tout risque de dérapage alors que la croissance économique est forte.

«Les prix à la production reflètent ceux des produits fabriqués aux États-Unis et les gains enregistrés (en juin) traduisent le fait que les producteurs américains augmentent leur prix à l'abri du mur de tarifs et l'impact de prix plus élevés pour les matières premières», soulignent les analystes de RDQ Economics.

L'administration américaine a pris récemment toute une série de mesures protectionnistes contre des produits importés, dont l'acier et l'aluminium, ainsi que sur 34 milliards de dollars de produits chinois.

«Les tarifs sont un élément négatif pour la croissance économique, mais ils ont aussi un effet inflationniste. Nous nous attendons à ce que ces pressions sur les prix se traduisent par une plus forte inflation de base pour les consommateurs d'ici la fin de l'année, notamment en raison de l'existence d'enquêtes régionales montrant qu'une plus forte proportion d'entreprises reçoivent des prix plus élevés pour leurs produits», ajoutent-ils.