L'activité économique aux États-Unis a continué en mars sa croissance modérée, accompagnée d'une hausse modeste des prix et des salaires qui se généralise du fait de l'étroitesse du marché de l'emploi, selon un rapport de la Réserve fédérale (Fed) publié mercredi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'activité «a crû dans chacune des douze régions» du système de Réserve fédérale (Fed) entre la mi-février et début avril, selon le Livre Beige publié deux semaines avant une réunion monétaire de la banque centrale.

Les prix ont «modestement» augmenté tandis que, sur le front de l'emploi, il devient de plus en plus difficile de pourvoir des postes, même peu qualifiés, ce qui est un fait nouveau. La pénurie de main d'oeuvre jusque-là touchait surtout les postes hautement qualifiés.

Dans la foulée, «de modestes hausses de salaires se sont étendues (...) et un grand nombre d'entreprises mentionnent un turn-over rapide du personnel qu'il devient difficile de retenir».

Les hausses de salaires ont été modiques et devraient se poursuivre, affirment les employeurs. Globalement, les acteurs économiques s'attendent à ce que les prix continuent leur progression au cours des prochains mois. L'inflation, selon l'indice PCE baromètre favori de la Fed, est actuellement de 2,1% sur un an, un peu au-dessus de la cible de 2% de la banque centrale.

Le Livre Beige, qui tire son nom de la couleur de sa couverture, est établi à partir des informations recueillies sur le terrain par les douze banques régionales de la Réserve fédérale de mi-février au 10 avril.

Ce sera le plus récent rapport de conjoncture qu'auront entre les mains les membres du Comité monétaire de la banque centrale pour leur réunion monétaire des 2 et 3 mai. Les marchés ne s'attendent pas à un nouveau relèvement des taux d'intérêt dès ce rendez-vous mais plutôt en juin.

Le mois dernier, les acteurs économiques ont noté un regain de croissance «modeste à modéré» du côté de l'industrie manufacturière, un secteur cher à l'administration Trump qui veut y revitaliser l'emploi.

Selon les régions, les interlocuteurs se disent soit «largement optimistes» sur les perspectives du secteur, soit «inquiets» comme à Boston, de l'impact du dollar fort et de l'incertitude sur le sort des accords commerciaux internationaux.

Si la production manufacturière est à la hausse, la croissance des livraisons en revanche commence à marquer le pas, avertit le rapport.

Dans la région de Cleveland, «les facteurs qui assombrissent la croissance de la production manufacturière incluent le dollar fort et l'incertitude quant à la politique commerciale», note encore le Livre Beige.

Dans celle de Dallas, on s'inquiète de l'évolution du commerce avec le Mexique.

Le dollar est par ailleurs cité plusieurs fois comme un handicap aux exportations mais moins que dans les récents précédents rapports.

Les dépenses des consommateurs, locomotive de l'économie américaine, sont stables ou en faible hausse dans plusieurs régions, tirées par les ventes de voitures. Le tourisme se porte bien.

Le marché immobilier a vu sa croissance encore s'accélérer, notamment dans le secteur de la construction alors que les reventes de logements connaissent un tassement vu le bas niveau des stocks de maisons à vendre.

Globalement, l'économie américaine devrait connaître une croissance de 2,3% de son Produit intérieur Brut cette année, selon la dernière prévision du Fonds monétaire international (FMI), après seulement 1,6% l'année dernière.