Le Prix Nobel d'économie américain, Joseph Stiglitz, a assuré mardi que la politique économique du président élu Donald Trump, qui menace d'imposer des taxes sur les importations, est vouée à l'échec, car elle détériorera le déficit commercial.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Cela ne marchera pas, j'en suis sûr», a déclaré à la presse M. Stiglitz en marge du World Economic Forum (WEF), interrogé sur les menaces lancées par le président élu d'augmenter les taxes sur les importations aux États unis de produits provenant de l'étranger, en particulier les voitures.

«Il ne comprend pas vraiment que ses politiques macroéconomiques vont conduire à une aggravation du déficit commercial. Il peut certes ramener des milliers d'emplois en tapant sans cesse sur les entreprises, mais d'un point de vue macroéconomique, il ne réussira pas», a-t-il assuré.

Avec ces mesures, M. Stiglitz s'est d'ailleurs demandé si le président élu «souhaitait une guerre commerciale», rappelant que les États-Unis exportent vers des pays comme la Chine ou le Mexique, mais aussi vers l'Allemagne, dont il a aussi menacé les constructeurs automobiles de taxer lourdement leurs exportations vers les États-Unis.

«Même ses conseillers les plus proches ne le savent pas», a-t-il ironisé, appelant à attendre la prise de fonction de M. Trump vendredi «pour voir ce qu'apportera ce nouveau spectacle».

General Motors a annoncé mardi investir un milliard de dollars de plus aux États-Unis et y créer jusqu'à 5000 emplois supplémentaires dans les prochaines années, devenant le dernier constructeur automobile en date à céder aux injonctions de Donald Trump.

L'américain Ford avait déjà annulé un investissement de 1,6 milliard de dollars au Mexique et l'italo-américain Fiat-Chrysler a dit vouloir rapatrier aux États-Unis la production d'une camionnette.