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Le FMI presse les É.-U. de s'attaquer à la pauvreté et aux inégalités

Un Américain sur sept, soit 46,7 millions d'Américains... (Photo Lucas Jackson, archives Reuters)

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Un Américain sur sept, soit 46,7 millions d'Américains vivent dans la pauvreté.

Photo Lucas Jackson, archives Reuters

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
Washington

Le Fonds monétaire international (FMI) a pressé les États-Unis de lutter «de façon urgente» contre la pauvreté et les inégalités qui pèsent sur l'avenir du bien-être économique du pays, dont l'économie est pour l'instant «en bonne forme».

Selon l'examen annuel de la première économie mondiale publié mercredi, le FMI a révisé en baisse à 2,2% la prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) américain cette année, soit une réduction de 0,2 point de pourcentage par rapport à la prévision d'avril. Pour 2017, le FMI projette toujours une croissance de 2,5%.

Vu le mouvement global de désinflation, la remontée des taux d'intérêt américains doit être «très progressive» et la Réserve fédérale (Fed) devrait se permettre d'accepter que l'inflation (actuellement de 1,1%) puisse dépasser provisoirement son objectif de 2%, estime le FMI.

«L'économie des États-Unis est dans l'ensemble en bonne forme», a affirmé la directrice générale de l'institution, Christine Lagarde lors d'une conférence de presse, mentionnant néanmoins des défis importants à long terme.

Elle les a rassemblés sous le sigle «des quatre P», qui se rapportent à la chute de «la participation à l'emploi», au ralentissement de la croissance de la «productivité», à la «polarisation» grandissante des revenus et à la «pauvreté».

Risque de baisse du niveau de vie

«Si on ne s'occupe pas de ces quatre facteurs --participation, productivité, polarisation et pauvreté--, ils vont corroder les bases de la croissance et freiner les gains de niveau de vie aux États-Unis», a-t-elle averti.

Ces facteurs s'ajoutent «à des tendances pernicieuses à long terme qui ont affecté les revenus», a relevé l'institution.

Elle souligne notamment que la part des revenus fournie par le travail s'est réduite de 5% depuis 15 ans dans le pays et que la taille de la classe moyenne n'a jamais été aussi faible en 30 ans.

«La distribution de la richesse et des revenus est de plus en plus polarisée et la pauvreté a augmenté», résume le FMI affirmant qu'il y a «une nécessité urgente à s'attaquer à la pauvreté».

Un Américain sur sept, soit 46,7 millions d'Américains vivent dans la pauvreté. Pourtant 40% d'entre eux travaillent.

Le Fonds préconise des crédits d'impôt mieux ciblés et le relèvement du salaire minimum fédéral (actuellement de 7,25 dollars de l'heure).

La chute du taux de participation à l'emploi qui va se poursuivre dans les années qui viennent, notamment avec les effets de la démographie, peut être enrayée, selon le FMI, par des mesures en faveur de l'emploi des femmes (aide à la garde d'enfants, congés parentaux) et surtout par l'adoption d'une réforme de l'immigration sur la base des qualifications.

Le taux de participation à l'emploi, qui englobe les personnes qui travaillent ou cherchent activement un emploi, a perdu cinq points en quinze ans, passant de plus de 67% dans les années 2000 à moins de 63% en 2015.

Les dépenses d'infrastructures doivent aussi être gonflées: «de nouveaux investissements sont requis de manière urgente (...) particulièrement en ce qui concerne les transports en surface».

«Cela aiderait à se débarrasser de la congestion et des goulets d'étranglement et doperait la productivité de l'activité privée», ajoute le Fonds.

La qualité actuelle des infrastructures américaines arrive loin derrière celles de l'Allemagne et du Japon et un peu devant celles de la Corée, selon un tableau du FMI.




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