L'empire Trump, success-story malgré quelques déboires

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Donald Trump a d'ailleurs reconnu avoir reçu un « petit » prêt d'un million de dollars de son père pour se lancer à son compte et cibler une autre clientèle, plus en phase avec l'ère de l'argent-roi des années 80.

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Jeremy TORDJMAN
Agence France-Presse
WASHINGTON

« Self made man » ou fils héritier? Entrepreneur à succès ou collectionneur de faillites? Avant de briguer la Maison-Blanche, Donald Trump a bâti un vaste empire immobilier qui a fait sa fortune malgré quelques déboires.

Tours Trump à Manhattan ou Bombay, hôtels de luxe Trump à Miami ou Chicago, golfs Trump en Écosse ou à Los Angeles... Le candidat à l'investiture républicaine a fait de son patronyme un puissant emblème commercial et un redoutable argument de campagne.

Sur l'estrade des débats républicains ou devant les caméras, le multimilliardaire ne manque jamais une occasion de se poser en incarnation du rêve américain, seul à même de « rendre sa grandeur » aux États-Unis comme le clame son slogan de campagne.

« Donald Trump est la définition même de la success-story américaine, » vante le site de la Trump Organization, sa holding dont le bilan financier est tenu secret et qui compte ses deux fils et sa fille comme vice-présidents.

Le natif de New York n'est toutefois pas parti de rien. Son père Fred, descendant d'immigrés allemands, avait déjà fait fortune comme promoteur immobilier dans le quartier populaire du Queens en se spécialisant dans la construction de logements pour la classe moyenne.

Faillites 

« Le succès de Donald a dépassé de loin celui de son père mais il ne s'est pas fait seul! », explique à l'AFP Gwenda Blair, auteur d'une biographie sur la dynastie Trump. « Il avait déjà beaucoup quand il s'est lancé et il a pu utiliser l'assise financière de son père et ses connexions politiques ».

Donald Trump a d'ailleurs reconnu avoir reçu un « petit » prêt d'un million de dollars de son père pour se lancer à son compte et cibler une autre clientèle, plus en phase avec l'ère de l'argent-roi des années 80.

« Il a compris que certaines personnes, plutôt que cacher leur fortune, voulaient au contraire en faire la promotion, comme il le fait lui-même, et montrer au monde entier que leur appartement est très onéreux », assure Mme Blair.

« Il a su deviner les goûts des nouveaux riches parce que ce sont aussi les siens », relève pour l'AFP Michael Lind, auteur de Land of Promise: an Economic History of The United States. « Il est ce qu'on appelle ici un booster, quelqu'un qui va doper le développement économique d'une ville ou d'un État local ».

Son ascension n'a toutefois pas été sans heurts. Par quatre fois, entre 1991 et 2009, ses casinos sur la côte Est n'ont pu faire face à leurs dettes et ont dû être placés sous la protection de la loi américaine sur les faillites, un quasi record dans les annales américaines même si cette procédure n'est pas entachée de la même opprobre qu'en Europe.

« J'ai utilisé les lois de ce pays comme beaucoup d'autres grands dirigeants », s'est défendu M. Trump, précisant toutefois n'avoir jamais connu de banqueroute personnelle.

La première mise en faillite, celle du Trump Taj Mahal, fut toutefois périlleuse pour ses finances. Pour éponger les dettes de ce casino, Donald Trump a dû abandonner la moitié de ses parts et mettre en vente son yacht et son jet privé.

Fin négociateur 

Ces mésaventures ne sont toutefois pas nécessairement synonymes de mauvaise gestion. « Les casinos ont connu des bouleversements majeurs, ont dû faire face à de nouveaux concurrents et à des évènements imprévisibles qui ont fait chuter la fréquentation », affirme à l'AFP l'avocat Edward Weisfelner qui défendit pourtant un groupe de créanciers opposés à Donald Trump.

De l'aveu même de cet avocat, le milliardaire a alors négocié « très dur » et de « manière efficace » en jouant sur un levier: l'attrait de son patronyme. « Ses créanciers étaient furieux mais ils voyaient encore dans son nom le potentiel commercial pour attirer des clients d'un casino », explique-t-il. « Et retirer son nom de toutes les enseignes et autres serviettes aurait eu un coût phénoménal ».

Aucune de ses sociétés n'a finalement mis la clef sous la porte et le magnat de l'immobilier cherche à présent à transformer ses déboires sur la dette en atout pour la présidence américaine. « Ce pays doit 19 000 milliards de dollars et ils ont besoin de quelqu'un comme moi pour régler ça », affirmait-il en août.

Ses invocations du rêve américain peuvent toutefois être utilisées contre lui. Des employés de son hôtel de Las Vegas ont récemment voté pour être représentés par un syndicat local, la Culinary Workers Union, et obtenir de meilleures conditions salariales mais la direction s'est toutefois immédiatement opposée à cette initiative.

« Je suis surprise que Trump veuille rendre à l'Amérique sa grandeur mais qu'il ne commence pas avec son hôtel et ses employés, » ironise pour l'AFP Bethany Khan, membre de ce syndicat.




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