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Taux d'intérêt: doutes et divisions au sein de la Fed

En septembre, citant les incertitudes sur l'économie chinoise... (PHOTO ANDREW HARRER, ARCHIVES BLOOMBERG)

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En septembre, citant les incertitudes sur l'économie chinoise et les turbulences sur les marchés financiers, la Fed avait choisi de maintenir le statu quo sur les taux, les laissant proches de zéro comme ils le sont depuis la crise financière fin 2008.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les responsables de la banque centrale (Fed) américaine affichent très ouvertement leurs doutes et leurs divisions sur la nécessité ou non de relever les taux d'intérêt à l'approche des dernières réunions de politique monétaire de l'année.

Fait rare dans les échanges entre les membres du Comité monétaire (FOMC), deux gouverneurs ont publiquement exprimé cette semaine leurs réticences à relever les taux avant la fin de l'année.

Leur patronne Janet Yellen, présidente de la banque centrale, venait au contraire dans un discours dix jours plus tôt, de remettre sur la table la perspective d'un relèvement des taux, sans doute pour décembre.

Son numéro deux, Stanley Fischer, avait lui aussi enfoncé le clou, répétant qu'il « prévoyait » un relèvement même si ce n'était « pas une promesse ».

« Ce n'est pas habituel de voir deux gouverneurs exprimer publiquement des vues différentes de celle du président de la Fed », a affirmé à l'AFP Stephen Oliner, économiste à l'American Entreprise Institute (AEI).

Le gouverneur Daniel Tarullo, qui réserve d'ordinaire ses interventions à la régulation des banques plutôt qu'à l'économie du pays, a déclaré dans une interview télévisée cette semaine qu'il doutait qu'il soit « approprié » de relever les taux cette année. Il estime qu'il faut « attendre des signes tangibles » d'une remontée de l'inflation.

Quant à Lael Brainard, une gouverneure qui vient du Trésor où elle était spécialisée dans la finance internationale, elle a également appelé à la prudence, estimant que « les risques venus de l'étranger » étaient « plutôt négatifs ».

Pour Tim Duy, professeur d'économie à l'Université d'Oregon qui suit la Fed de près, « ces critiques effacent la possibilité d'une hausse en décembre », lors de la dernière réunion de la Fed de l'année les 16 et 17.

Cette discordance est significative car la dernière chose que le Comité monétaire souhaite serait un vote de dissension d'un gouverneur, affirme Stephen Oliner.

Contrairement aux présidents d'antennes régionales de la Fed qui ne sont membres votants qu'à tour de rôle et n'hésitent pas à marquer leur dissension, les gouverneurs sont des membres permanents. Ils font partie de l'équipe de Janet Yellen avec qui ils travaillent quotidiennement à Washington.

Moins confiants sur l'inflation

« Cela reflète une profonde divergence d'opinion sur la voie à suivre en politique monétaire car ils n'étaient pas obligés de l'exprimer en public », ajoute Tim Duy.

En septembre, citant les incertitudes sur l'économie chinoise et les turbulences sur les marchés financiers, la Fed avait choisi de maintenir le statu quo sur les taux, les laissant proches de zéro comme ils le sont depuis la crise financière fin 2008.

Depuis, les chiffres de l'emploi et les ventes au détail pour septembre ont été décevants. Et tout le monde s'accorde désormais pour dire que la croissance va ralentir au 3e trimestre, un peu au-dessus de 1 % au lieu des 3,9 % du 2e trimestre.

Le Livre beige, rapport de conjoncture de la Fed, a aussi montré jeudi que le dollar fort et le ralentissement en Chine pesaient sur l'industrie manufacturière à travers le pays.

Pour Stephen Oliner, la clé de la dissension réside dans les attentes sur l'inflation (0 % sur un an, selon le CPI).

Si la Fed ne cesse de dire que les facteurs de baisse des prix sont « passagers », les doutes des membres du Comité semblent plus profonds.

Les projections des différents membres du Comité publiées en septembre montrent que « neuf d'entre eux, soit la majorité sur les 17 présents, croient que les risques sont plus grands » que l'inflation ne remonte pas de sitôt vers l'objectif de 2 % que souhaite la Fed, affirme M. Oliner. Ce sont trois membres du Comité de plus que lors des prévisions de l'été.

À l'approche d'une année électorale, la dissension pourrait-elle refléter une certaine nervosité des gouverneurs nommés par l'administration Obama?

Stephen Oliner n'y croit pas: « Je n'ai jamais entendu une référence à une considération politique lors d'une réunion du FOMC », assure cet expert qui a passé 25 ans à la Réserve fédérale. « S'il y a une décision importante à prendre pour l'économie, ils la prennent ».




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