La Fed devrait signer la fin du soutien monétaire exceptionnel

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La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, a redit le mois dernier que, si l'économie le permettait, les achats d'actifs se concluraient à la réunion d'octobre, prévue mercredi prochain.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
WASHINGTON

La Réserve fédérale américaine (Fed) s'apprête, lors de sa réunion monétaire mercredi, à clore son aide exceptionnelle à l'économie lancée en 2008 après la crise financière alors que l'économie poursuit une expansion modérée.

La plupart des analystes s'attendent à ce que le Comité de politique monétaire (FOMC), qui achèvera mercredi une réunion de deux jours, tienne parole en cessant ses achats de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires.

Les taux doivent toutefois rester proches de zéro comme ils le sont depuis fin 2008.

Ces injections de liquidités avaient été annoncées en septembre 2012 au titre du 3e volet de l'aide monétaire exceptionnelle (QE3) pour continuer à soutenir la modeste reprise économique. Elles ne se montent plus qu'à 15 milliards de dollars par mois. La Fed a commencé à les réduire en décembre dernier lorsqu'elles pesaient 85 milliards de dollars.

Leur achèvement n'est toutefois pas synonyme d'une fin totale de la politique de l'argent facile, car la banque centrale va continuer à réinvestir le produit des titres arrivant à maturité.

La présidente Janet Yellen a redit le mois dernier que, si l'économie le permettait, les achats d'actifs se concluraient à la réunion d'octobre à l'issue de laquelle il n'y a pas de conférence de presse prévue. L'expansion économique a poursuivi son rythme «modéré», selon le dernier Livre beige. La croissance au 3e trimestre, qui sera connue jeudi, devrait afficher 3 %, estiment les analystes.

Pour l'analyste indépendant, Joel Naroff, la réunion du FOMC signera «la fin de l'expansion monétaire, mais les inquiétudes concernant l'inflation basse et la sous-utilisation du marché de l'emploi devraient continuer à être au coeur des débats».

«La récente volatilité sur les marchés financiers ne va pas empêcher la Fed d'annoncer la fin de ses achats d'actifs», assure Paul Dales, de Capital Economics.

Car après les turbulences sur les marchés à la mi-octobre et les mauvaises performances de la croissance et de l'inflation en Europe, le débat a brièvement repris aux États-Unis sur l'opportunité de conclure les achats d'actifs.

Rassurer les marchés

Un dirigeant de la Fed, James Bullard, membre non-votant du FOMC cette année, a suggéré que la banque centrale retarde la clôture du programme et le garde «en vie» jusqu'à nouvel ordre.

«Ces commentaires n'étaient destinés qu'à calmer les marchés pendant cette période d'extrême volatilité», assure Steven Ricchiuto, économiste pour Mizuho Securities USA. Ce représentant de la Fed «savait très bien que cela serait interprété comme un signe rassurant pour les marchés. D'autres ventes massives ont été évitées», commentait aussi un économiste éditorialiste du Washington Post, Steven Pearlstein.

Avec la fin des achats d'actifs, la Fed entre en effet dans une nouvelle ère, «un trou d'air» qui peut inquiéter les marchés, comme l'appelle John Burbank, fondateur du fonds Passport Capital. Elle tourne la page du soutien monétaire exceptionnel et ouvre avec incertitude celle d'une première hausse des taux.

Car l'autre sujet de discussion, qui avait déjà bien occupé la dernière réunion du FOMC, est le sort de la formule évoquant «une période de temps considérable» avant une première hausse des taux.

Ce message avait finalement été conservé, d'autant plus que les membres de la Fed s'étaient montrés inquiets de la faiblesse économique en Europe et de la montée du dollar. En agissant sur les prix importés, le raffermissement du billet vert peut en effet ralentir l'inflation américaine vers l'objectif de 2 % la Fed (1,5 % actuellement, selon l'indice PCE). Mais certains jugent toujours cette référence temporelle trop contraignante. En septembre, deux membres du FOMC avaient voté contre.

De nombreux analystes estiment néanmoins que ce message va rester en l'état, au moins jusqu'à la réunion du FOMC de décembre. «Nous nous attendons à ce que la Fed conserve son message d'orientation évoquant +une période considérable+», selon les économistes de Barclays Research.

L'analyste Steven Ricchiuto pense toutefois que la Fed devrait profiter de l'ajustement des marchés pour changer sa formule dès mercredi sans provoquer de nouvelle volatilité intempestive.




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