L'ex-magnat de la presse Conrad Black, libéré sous caution le 21 juillet après avoir purgé une peine de prison pour fraude financière, a vertement critiqué le système carcéral américain, qu'il considère surpeuplé, samedi dans le quotidien canadien The National Post.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les 2,4 millions d'Américains incarcérés, les millions qui sont en attente d'un procès ou sous contrôle judiciaire sont une légion de morts-vivants ostracisés et sans voix», écrit M. Black, 65 ans, condamné en 2007 à six ans et demi de prison pour fraude financière et sorti de prison après s'être acquitté d'une caution de deux millions de dollars.

Il était incarcéré dans une prison de Floride.

Dans le National Post, qu'il a fondé en 1998, avant de le vendre en 2001, Conrad Black évoque ses dernières heures dans sa cellule avant de retourner à sa résidence de Palm Beach en Floride, alors que les autres prisonniers qui, «dans presque tous les cas, purgent des peines (..) trop longues», venaient lui dire au revoir.

Le Montréalais dit avoir vu en prison les preuves de l'échec de la guerre que les États-Unis mènent contre le narcotrafic.

«Mille milliards de dollars ont été dépensés», contre le trafic de drogue, écrit-il. «Un million de petits trafiquants interchangeables sont en prison, les substances sont plus accessibles que jamais et d'une meilleure qualité, alors que les pays producteurs comme le Mexique et la Colombie sont dans un état de guerre civile», poursuit-t-il.

L'ancien patron de presse, qui avait renoncé à la nationalité canadienne pour siéger à la chambre des Lords britannique est contraint de rester sur le sol américain pour le moment.

En juillet 2007, Conrad Black et trois de ses associés avaient été reconnus coupables d'avoir détourné 3,5 millions de dollars lors de la vente d'actifs de Hollinger au groupe de presse canadien Canwest, et d'avoir fait disparaître des documents. Ils étaient accusés d'avoir détourné un total de 60 millions de dollars entre 1999 et 2001.