L'une des dirigeantes de la banque centrale américaine (Fed), Janet Yellen, a estimé lundi que la prudence des entreprises allait durablement peser sur l'emploi aux États-Unis, entraînant une persistance du chômage malgré la reprise de l'activité.

Mis à jour le 22 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«La forte augmentation de la productivité de l'année dernière est là pour rester. Dans ces conditions, nous ne verrons pas de baisse rapide du chômage et nous en serons quittes pour une reprise sans emploi du type de celle du début des années 1990 et des années 2000», a estimé dans un discours la présidente de la Banque de réserve fédérale de San Francisco.

Mme Yellen a relevé que le niveau de l'activité avait été «fondamentalement inchangé» entre le dernier trimestre 2008 et le dernier trimestre 2009. «Mais la masse salariale totale a chuté de 4% sur la même période», a-t-elle rappelé depuis San Diego, en Californie.

D'après les chiffres du département du Travail, la productivité a crû de 2,9% aux États-Unis en 2009, la plus forte augmentation depuis 2003.

«La récession a forcé les entreprises à réexaminer à peu près tout ce qu'elles font avec la perspective de limiter les coûts et de doper l'efficacité», a considéré Mme Yellen.

Selon elle, «les magasins ne commandent pas de marchandises s'ils ne pensent pas pouvoir les vendre immédiatement. Les industriels et constructeurs ne produisent pas à moins d'avoir des acheteurs qui font la queue».

«Mes contacts professionnels décrivent cela comme un changement de mode de pensée et pensent qu'il est ancré de manière permanente. (...) S'il en est ainsi, le taux de création d'emplois sera désespérément faible», a-t-elle poursuivi.

Connue pour son penchant en faveur de taux bas soutenant l'activité, Mme Yellen en a conclu que «le défi le plus inquiétant pour la stabilité des prix ces prochaines années» ne serait pas l'inflation, mais «la sous-utilisation considérable des ressources de l'économie».