Le secrétaire américain à l'Energie, Steven Chu, a évoqué l'instauration d'une taxe sur les émissions de gaz carbonique afin de lutter contre le réchauffement climatique, dans une interview publiée  jeudi par le New York Times.

Mis à jour le 12 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette idée de taxe est restée taboue pendant la campagne présidentielle américaine, aucun des candidats ne se risquant à prôner une énergie plus chère en période de flambée des prix de l'essence.

Depuis l'arrivée au pouvoir de l'administration Obama, le Congrès travaille sur l'instauration d'un système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre, sur le modèle du mécanisme en vigueur dans l'Union européenne.

Mais M. Chu a observé que «d'autres solutions pourraient faire surface, notamment une taxe sur les émissions de gaz carbonique», selon le quotidien américain.

M. Chu, un ancien prix Nobel de physique qui a depuis longtemps mis en garde contre les dangers du réchauffement climatique, a reconnu qu'il serait difficile de faire adopter une loi sur les émissions de CO2 qui risque de se traduire par une hausse des prix de l'énergie aux États-Unis.

Cela pourrait entraîner une délocalisation des industries vers des pays où l'énergie resterait moins chère, une perspective «difficile à vendre politiquement», a-t-il ajouté.

Mais le ministre «soutient le fait de faire payer les émissions de gaz carbonique afin de commencer à s'attaquer au changement climatique», selon le journal.

M. Chu a estimé que le monde avait besoin d'innovations technologiques dans trois domaines clés de la lutte contre le réchauffement: les batteries électriques, l'énergie solaire et la culture de plantes transformables en carburant.