Le premier producteur mondial d'or, Barrick Gold, a annoncé vendredi qu'il envisageait de « fusionner » ses activités avec son concurrent américain Newmont Mining, tout en soulignant qu'« aucune décision n'a été prise à ce stade ».

AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette transaction, si elle devait avoir lieu, conforterait Barrick dans sa position de numéro un mondial de l'or, avec une capitalisation boursière supérieure à 40 milliards de dollars.

« Barrick Gold Corporation a confirmé aujourd'hui (vendredi, NDLR) que la compagnie a étudié la possibilité de fusionner avec Newmont Mining Corporation dans une transaction en actions », selon un communiqué.  

« Aucune décision n'a été prise à ce stade », a insisté le groupe établi à Toronto.

Deuxième joueur de l'industrie, Newmont avait annoncé mi-janvier son intention de débourser 10 milliards de dollars pour racheter son concurrent canadien Goldcorp et ravir ainsi à Barrick Gold sa place de leader mondial de la production aurifère.  

Cette opération doit être bouclée d'ici la fin du deuxième trimestre.

L'offre de rachat « hostile » envisagée par Barrick sur Newmont a été révélée vendredi par le quotidien The Globe and Mail qui note qu'une telle transaction constituerait « l'une des plus importantes jamais réalisées dans le secteur minier ».

Selon le journal de Toronto, Barrick « travaille activement sur un plan pour un accord à deux volets » consistant dans le rachat du groupe américain contre 19 milliards de dollars en actions, puis dans l'échange de certains actifs de Newmont avec le groupe australien Newcrest.  

Ce dernier, qui reprendrait ainsi les opérations en Australie de l'entreprise américaine, « fait preuve d'une grande prudence avant de s'engager », écrit le quotidien canadien.

Le Globe cite des « sources » anonymes dans l'industrie.

Ces dernières ont souligné que parmi les obstacles qui se dressent à une telle transaction, figure celle de « gagner le soutien des actionnaires de Newmont ».

Newmont ne s'était pas encore exprimé vendredi sur cette éventuelle offre de rachat de son concurrent.

Barrick et Newmont ont déjà cherché à fusionner dans le passé. La dernière tentative remonte à 2014 : l'opération avait échoué au dernier moment car les deux géants miniers n'étaient pas arrivés à s'entendre sur la gouvernance de la nouvelle entité.

En décembre, Barrick avait bouclé l'acquisition du groupe minier britannique Randgold pour quelque 6 milliards de dollars.

Le titre de Barrick perdait 0,71 %, à 13,22 dollars, vendredi à la mi-séance à la Bourse de New York. Newmont s'envolait pour sa part de 4,38 % à 36,94 dollars.