Les cours du pétrole montaient légèrement vendredi en cours d'échanges européens, le risque géopolitique au Venezuela empêchant les cours de flancher malgré l'accumulation des stocks américains.

Mis à jour le 25 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 10h, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 61,19 $ sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 10 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance gagnait 13 cents à 53,26 $ une heure après son ouverture.

« La crise qui empire au Venezuela soutient les prix alors que la semaine a été marquée par une hausse massive des réserves américaines », ont résumé les analystes de Saxo Bank.

La crispation politique s'accroît d'heure en heure au Venezuela entre l'opposition menée par Juan Guaido, « président » autoproclamé du pays, et Nicolas Maduro, le président vénézuélien qui s'est vu suggérer une amnistie comme porte de sortie à la crise.

Après avoir reçu jeudi le soutien déterminant des chefs de l'armée, Nicolas Maduro s'exprimera vendredi devant la presse où il devrait dénoncer de nouveau un coup d'État en cours orchestré, selon lui, par les États-Unis.

Malgré l'effondrement de ses capacités de production ces dernières années, le Venezuela, qui détient les plus importantes réserves de brut au monde, reste un exportateur important de pétrole.

« La crise politique pourrait mener à des sanctions [américaines], ce qui pèserait sur la production », a commenté Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

« Cela ne pénaliserait que les raffineries américaines, qui sont conçues pour le pétrole lourd vénézuélien », a cependant fait remarquer Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.

Mais pour l'instant, l'offre reste très abondante, notamment aux États-Unis.

Les stocks de pétrole brut, alimentés par une production à un niveau record dans le pays, ont augmenté de 8 millions de barils pour s'établir à 445 millions, là où les analystes interrogés par l'agence Bloomberg anticipaient un repli de 750 000 barils.

Les stocks d'essence ont pour leur part progressé de 4,1 millions de barils, pour atteindre 259,6 millions. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis que ces données sont diffusées, en 1990.  

« Les États-Unis nagent dans le brut et se noient dans l'essence », a résumé Stephen Brennock, analyste chez PVM.

Pris entre des tendances contradictoires, les prix du pétrole seront marqués par une grande volatilité cette année, sur fond de troubles géopolitiques et de ralentissement économique, a mis en garde vendredi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), Fatih Birol.