Les cours du pétrole ont terminé en baisse mercredi dans un marché empreint de prudence alors que persistent les inquiétudes sur la croissance de la demande tout en surveillant de près la situation au Venezuela.

Mis à jour le 23 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a reculé de 36 cents pour finir à 61,14 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

À New York, le baril de light sweet crude (WTI) pour le contrat de mars, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, a cédé 39 cents pour finir à 52,62 dollars.

« L'appétit pour le risque joue un rôle important dans les mouvements du prix du pétrole depuis un mois », a commenté Craig Erlam, analyste pour Oanda.

Ainsi mercredi, les cours du brut ont commencé à baisser au même moment où les indices de la Bourse de New York tombaient dans le rouge.  

Les investisseurs redoutent notamment de voir la croissance chinoise faiblir, ce qui pourrait freiner la consommation du premier importateur mondial de brut.

La prudence des investisseurs les a conduits « à reléguer au second plan les derniers développements au Venezuela, qui pourraient pourtant avoir des conséquences significatives sur le marché du brut », a souligné Matt Smith de ClipperData.  

Le président du Parlement vénézuélien contrôlé par l'opposition, Juan Guaido, s'est en effet autoproclamé mercredi « président » par intérim devant des dizaines de milliers de partisans réunis à Caracas pour protester contre le président Nicolas Maduro.  

Donald Trump a annoncé dans la foulée qu'il le reconnaissait comme « président par intérim » du Venezuela et un responsable américain a précisé que « toutes les options » étaient sur la table si le régime Maduro avait recours à la violence.

« Si les États-Unis choisissent d'imposer un embargo sur le pétrole vénézuélien, cela aurait un impact important puisque le pays en importe chaque jour 500 000 barils », a rappelé M. Smith.  

Selon le spécialiste, les acteurs du marché attendent aussi de voir un peu mieux les effets des baisses de production décidées fin 2018 par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires.  

« Des investisseurs se sont inquiétés que ces baisses ne suffisent pas à compenser l'essor de la production de pétrole de schiste aux États-Unis », a commenté Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

Toutefois, a-t-il ajouté, « les limitations de l'OPEP, le déclin de la production en Iran et au Venezuela, et une demande robuste vont rééquilibrer le marché ».

Les marchés prendront par ailleurs connaissance jeudi des données hebdomadaires de l'Agence américaine d'information sur l'Énergie (EIA) sur les stocks des États-Unis.

Pour la semaine achevée le 18 janvier, les analystes tablent sur une baisse de 500 000 barils des stocks de brut, sur une hausse de 3 millions de barils des stocks d'essence et de 1,1 million de barils des stocks d'autres produits distillés (fioul de chauffage et gazole), selon la médiane d'un consensus compilé par Bloomberg.