Enbridge obtient le remboursement des 14,7 millions de frais déjà versés à l'Office national de l'énergie pour un projet d'oléoduc qui a tourné en eau de boudin.

Mis à jour le 27 déc. 2018
LA PRESSE CANADIENNE

L'oléoduc Northern Gateway devait acheminer sur 1100 kilomètres le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta vers un port en eaux profondes à Kitimat, en Colombie-Britannique, offrant ainsi une voie de sortie vers le Pacifique pour l'exportation du pétrole canadien. Le projet a finalement avorté en 2016, lorsque les libéraux de Justin Trudeau ont interdit le transport de pétrole lourd le long de la partie nord de la côte ouest, où devaient déboucher les navires en provenance du port intérieur de Kitimat.

Un peu plus tard la même année, la Cour d'appel fédérale a déterminé que les peuples autochtones touchés par le projet n'avaient pas été consultés de manière adéquate. Et à la fin du mois de novembre 2016, le gouvernement fédéral a finalement décidé de révoquer les approbations déjà accordées à l'entreprise.

Or, Enbridge avait déjà versé à l'Office national de l'énergie, comme convenu, 14,7 millions pour couvrir les frais de surveillance de l'oléoduc pendant les phases de construction. Cette somme représentait environ 0,2 % des coûts de construction du projet, estimés à 7,9 milliards. La compagnie a donc demandé en février dernier le remboursement, et le cabinet fédéral a accepté juste avant Noël, estimant qu'il était « juste et raisonnable » de remettre cette somme, qui sera prélevée dans les fonds généraux du gouvernement.

Enbridge affirme qu'elle a perdu 373 millions de plus dans ce projet avorté. La porte-parole d'Enbridge, Tracie Kenyon, a déclaré jeudi que l'entreprise n'avait aucune autre demande de remboursement en instance.

Le projet de loi interdisant les pétroliers le long de la partie nord de la côte de la Colombie-Britannique a été adopté à la Chambre des communes et est présentement étudié au Sénat. Les navires transportant d'autres carburants que du pétrole lourd y sont toutefois autorisés, et un projet de 40 milliards va bon train pour un gazoduc alimentant un terminal de gaz naturel liquéfié à Kitimat.

La circulation des pétroliers est par ailleurs autorisée le long de la partie sud de la côte de la Colombie-Britannique, y compris au large de Vancouver.