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Lock-out chez ABI: Alcoa en demande plus, disent les Métallos

Pour les Métallos, les coûts plus élevés à... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Pour les Métallos, les coûts plus élevés à ABI sont notamment attribuables à l'« incompétence » d'Alcoa à négocier les tarifs d'électricité avec le gouvernement du Québec.

Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

JULIEN ARSENAULT
La Presse Canadienne
Montréal

Alors que les négociations sont suspendues après neuf mois de lock-out, les représentants des employés de l'Aluminerie de Bécancour (ABI) reprochent à Alcoa de renier sa signature et de continuer à exiger des concessions.

En conférence de presse à Trois-Rivières, mercredi, le syndicat des Métallos a accusé la multinationale de « mettre sur le dos des travailleurs » sa « propre incompétence » à négocier de bons tarifs d'électricité avec Québec.

La veille, le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, ainsi que le président local, Clément Masse, avaient rencontré les quelque 1030 travailleurs de l'aluminerie qui sont privés de leur gagne-pain depuis le 11 janvier dernier, afin de faire le point.

« Nous avons fait des concessions, nous nous sommes avancés, mais l'employeur en rajoute tellement que même ce qui était réglé ne l'est plus, a déploré M. Croteau au cours d'une entrevue téléphonique. C'est la crédibilité de la compagnie qui est mise en doute. »

Vendredi dernier, le médiateur spécial mandaté pour faciliter les négociations, l'ex-premier ministre péquiste Lucien Bouchard avait annoncé la suspension des pourparlers en raison des positions trop éloignées entre l'employeur et le syndicat.

M. Masse a affirmé que le 3 octobre, Alcoa est revenue à la table de médiation en ayant modifié l'article du contrat de travail concernant les droits de la direction, alors que ce dossier, d'après la partie syndicale, avait été réglé.

« Il n'y a aucun signe d'une volonté de négocier de la part de l'employeur », a-t-il dit.

Le conflit chez ABI porte principalement sur le régime de retraite des travailleurs ainsi que sur l'ancienneté concernant les mouvements de main-d'oeuvre. En milieu de journée, Alcoa n'avait pas réagi aux reproches formulés par la partie syndicale.

Usine productive ?

Citant une étude de la firme Commodities Research Unit (CRU), le syndicat fait valoir que chaque tonne d'aluminium produite chez ABI est accompagnée d'une facture de coûts de main-d'oeuvre de 142,90 $, soit la plus basse parmi toutes les installations nord-américaines d'Alcoa. En comparaison, le coût de main-d'oeuvre par tonne serait de 145,30 $ à l'usine de Deschambault et de 157,60 $ du côté de l'aluminerie de Baie-Comeau.

Il en va toutefois autrement en ce qui a trait aux coûts énergétiques, qui, selon CRU, seraient de 406,90 $ pour chaque tonne produite à Bécancour, par rapport à 325 $ à Deschambault et 273,40 $ à Baie-Comeau.

Pour les Métallos, les coûts plus élevés à ABI sont notamment attribuables à l'« incompétence » d'Alcoa à négocier les tarifs d'électricité avec le gouvernement du Québec.

« Même si les coûts de main-d'oeuvre étaient réduits de moitié, cela ne compenserait pas les coûts d'électricité qui sont plus élevés à Bécancour que dans les deux autres usines d'Alcoa », a analysé M. Masse.

En dépit du lock-out, la direction de la multinationale américaine continue d'exploiter l'usine, mais à raison de seulement une série de cuves sur trois. Elle profite toujours d'un tarif d'hydroélectricité avantageux.

D'après la partie syndicale, ce conflit de travail a privé Hydro-Québec de revenus de plus de 164 millions, étant donné qu'Alcoa a le droit de ne pas acheter toute l'électricité qu'elle s'est engagée par contrat à consommer, en cas de force majeure.

Nouvelle pression

Même si les négociations sont au point mort, MM. Croteau et Masse ont assuré que le moral des travailleurs était toujours bon après neuf mois de lock-out.

De nouveaux moyens de pression risquent d'être déployés afin de viser les autres installations d'Alcoa, ses administrateurs ainsi que ses actionnaires, ont laissé entendre les dirigeants syndicaux, sans toutefois vouloir entrer dans les détails de leur stratégie.

« Nous n'avions pas le pied sur l'accélérateur parce que l'employeur se présentait à la table de négociation et essayait de bien paraître », a affirmé M. Masse.

Les deux représentants syndicaux ont dit espérer voir le prochain gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) intervenir dans le dossier, tout en reconnaissant que cela pourrait prendre un certain temps.

L'Aluminerie de Bécancour est la propriété à 75 % d'Alcoa et à 25 % de Rio Tinto.




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