Convoitée par deux entreprises, Junex estime qu'il est plus avantageux de passer sous le contrôle de la société albertaine Cuda Energy plutôt que d'accepter l'offre d'achat non sollicitée reçue mardi par Utica Resources.

LA PRESSE CANADIENNE

La compagnie établie à Québec a expliqué, vendredi, qu'un regroupement avec Cuda offrait notamment un accès à plus de liquidités, à des actifs plus intéressants ainsi qu'à des perspectives de croissance plus alléchantes.

«(Les actionnaires profiteront d'une) équipe de direction chevronnée qui a obtenu d'excellents résultats par le passé sur le plan du rendement réalisé par les actionnaires au moyen de la croissance interne de la production et des réserves», explique Junex dans un communiqué.

L'entreprise affirme que son conseil d'administration en est arrivé à cette conclusion au terme d'une «analyse approfondie» de la proposition d'Utica.

Spécialisée dans l'exploitation pétrolière, Junex est toujours dans l'attente d'un bail d'exploitation pour son projet de Galt, en Gaspésie. La société avait également obtenu 5,5 millions $ du gouvernement québécois pour céder ses permis sur l'île d'Anticosti.

Filiale de la société autrichienne Lansdowne Partners Austria, Utica Resources est dirigée par Mario Lévesque, également président de l'Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers du Québec (AFSPG), selon son profil du réseau social LinkedIn.

Par courriel, la firme de relations publiques responsable des communications pour Utica a indiqué qu'«à ce stade-ci, il n'y aura pas de commentaire public qui sera fait sur le dossier» par la société.

Présence québécoise

Utica propose aux actionnaires de Junex de recevoir 42 cents en espèces pour chaque action de Junex qu'ils détiennent, ou alors de recevoir 40 cents en espèces en plus d'une valeur contingente permettant de toucher à une quote-part en espèces d'une redevance liée aux revenus du projet Galt de Junex, en Gaspésie.

Plus tôt cette semaine, l'entreprise avait joué la carte de sa présence québécoise pour vanter son offre hostile.

«Utica croit que son offre comporte des bénéfices supplémentaires pour le Québec, car elle prévoit le maintien de l'équipe de Junex et la continuité d'une entreprise qui est établie au Québec, au lieu d'une filiale d'une société de Calgary concentrée sur des occasions se trouvant dans d'autres juridictions», faisait valoir Utica.

Dévoilées le 11 juin, les modalités du regroupement prévu avec Cuda prévoient que les actions de la nouvelle entité seront échangées aux actionnaires de Junex et de Cuda dans une proportion respective 55 et 45 pour cent.

À la suite d'une transaction subséquente liée à un actif au Wyoming, la participation des porteurs de titres de l'entreprise québécoise fléchira à 46,1 pour cent.

Junex deviendra une division québécoise de Cuda. L'entreprise comptera deux représentants, dont son cofondateur et président et chef de la direction, Jean-Yves Lavoie, sur les sept administrateurs du conseil de l'entreprise albertaine.

Vote prochain

Les actionnaires de l'entreprise québécoise doivent se prononcer sur cette offre dans le cadre d'une assemblée extraordinaire prévue le 2 août, d'après des documents déposés auprès des autorités réglementaires.

D'après la circulaire de sollicitation récemment envoyée aux actionnaires de Junex, Ressources Québec, une filiale d'Investissement Québec, le bras financier de l'État québécois, était son plus important actionnaire, avec 14,81 pour cent des actions en circulation.

À la Bourse de croissance TSXV, le titre de l'entreprise québécoise a clôturé à 43,5 cents, en hausse de 0,5 cent, ou 1,16 pour cent.