Les cours du pétrole ont fini mardi au plus haut depuis le début de l'année à New York, profitant de la perspective d'un rééquilibrage prochain du marché grâce à une baisse de l'offre et à une meilleure demande.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le prix du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a gagné 66 cents à 54,06 dollars, sur le contrat pour livraison en mars au New York Mercantile Exchange (Nymex), dont c'était le dernier jour comme cours de référence. Il n'avait pas atteint ce niveau depuis fin décembre.

À Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a gagné 48 cents à 56,66 dollars sur le contrat pour livraison en avril à l'Intercontinal Exchange (ICE).

«On dirait que les marchés pétroliers ont profité (...) de volumes d'échanges limités pour sortir par le haut des fluctuations réduites de la semaine précédente», a résumé dans une note Tim Evans, de Citi, rappelant que lundi était férié aux États-Unis.

Les analystes citaient différentes raisons qui avaient pu servir de moteur mardi à ce nouvel élan, certes nettement ralenti en fin de séance, avec notamment des déclarations a priori encourageantes de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

«Mohammed Barkindo, le secrétaire général de l'OPEP, a assuré que les baisses de production effectuées en janvier seraient encore améliorées lors des prochains mois», a rapporté M. Evans.

Les propos de M. Barkindo, qui s'exprimait lors d'un forum à Londres, faisaient référence aux accords conclus fin 2016 par les membres de l'OPEP et d'autres pays pour réduire leurs productions respectives, le cartel ayant déjà assuré à la mi-février que ces pactes étaient respectés à 90%.

«Le marché reste soutenu par (...) la perspective d'une baisse de l'offre et d'une accélération de la demande, dans l'idée que les réductions de production sont en train de fonctionner», a résumé Gene McGillian de Tradition Energy.

Mouvements techniques

Quelques ombres figurent tout de même au tableau, comme de nouveaux signes d'une accélération de la production en Iran, membre de l'OPEP, mais exempté de réduire son offre après avoir fait en 2016 son retour sur les marchés mondiaux.

Mais ce sont surtout les États-Unis qui concentrent les inquiétudes, car ils ne sont pas concernés par les accords internationaux et leurs producteurs semblent déjà profiter de la situation pour faire repartir leur activité, en premier lieu dans le pétrole de schiste.

Les investisseurs ont pour l'heure un temps de répit, en attendant des chiffres hebdomadaires jeudi sur l'offre américaine. Mardi, ils ont pu se concentrer sur des éléments encourageants de l'autre côté de l'Atlantique.

«Parmi les facteurs qui ont permis cette hausse des cours figurent de bons indicateurs en Europe», a remarqué Phil Flynn, de Price Futures Group.

Les marchés ont pris connaissance d'une accélération de la croissance de l'activité privée dans la zone euro en février, au plus haut depuis presque six ans, selon la première estimation de l'indice PMI composite publiée par le cabinet Markit.

«Les chiffres européens font penser que l'économie mondiale s'en sort mieux que prévu, ce qui relève les perspectives de demande pour le pétrole», a estimé M. Flynn.

Enfin, d'un point de vue plus technique, l'expiration du contrat pour mars sur le WTI a forcé de nombreux investisseurs à solder des paris malheureux sur une baisse des cours et avait donc encouragé la hausse du marché.