Les cours du pétrole ont terminé en baisse lundi, les craintes de rebond de la production américaine prenant le dessus sur les réductions promises par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a perdu 54 cents à 52,63 dollars sur le contrat pour livraison en mars au New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 29 cents à 55,23 dollars sur le contrat pour livraison en mars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«Il y a une conviction grandissante que l'on va voir arriver plus de pétrole de schiste cette année et cela a un peu affaibli les prix», a expliqué Mike Lynch, de Strategic Energy & Economic Research.

Les signes de reprise de la production américaine continuent de s'accumuler avec l'annonce en fin de semaine dernière d'une hausse du nombre de forages actifs aux États-Unis, selon le décompte opéré par le groupe privé Baker Hughes.

«Ils ont atteint leur plus haut niveau depuis novembre 2015 et sont désormais au-dessus bien au-dessus de leur niveau d'il y a un an», ont relevé les analystes de Commerzbank dans une note.

Le nombre de forages est considéré comme un indicateur avancé de la production américaine qui a semblé frémir au cours des derniers mois de l'année 2016 dans la foulée d'une hausse des cours qui rend l'exploitation de certains gisements de pétrole de schiste de nouveau rentable.

«Les États-Unis vont produire plus de pétrole et il est possible qu'ils soient en voie de produire 1 million de barils par jour de plus», a avancé Carl Larry de Frost & Sullivan dans une note.

La production américaine avait connu un accès de faiblesse à partir de mi-2015.

«Une reprise sans précédent des extractions américaines pourrait reporter l'équilibrage du marché à 2018», ont prévenu les analystes de Natixis.

Incertitudes

Les cours de l'or noir étaient en effet remontés après deux accords conclus par l'OPEP, l'un en son sein, l'autre avec ses alliés dont la Russie, et devant permettre de réduire la production de 1,8 million de barils par jour afin rééquilibrer un marché souffrant d'un excès de l'offre.

À ce sujet, les marchés ont reçu «quelques signes de respect» de ces quotas par les pays engagés, selon les termes de Matt Smith de Clipperdata.

Des données plus complètes sur la façon dont le cartel pétrolier a appliqué ces pactes sont attendues au cours de la semaine.

Par ailleurs, la Libye, qui est membre du cartel pétrolier, mais exemptée de quotas, continue de «remettre des barils sur le marché», selon Bob Yawger, de Mizuho Securities USA.

Plus généralement, «on dirait que c'est l'une de ces journées où les investisseurs sont peu enclins à prendre des risques», a commenté M. Yawger, citant à l'appui le repli des marchés d'actions mondiaux.

Certains analystes à New York ont également évoqué des incertitudes liées à la politique menée par Donald Trump, et sur ses conséquences éventuelles sur la croissance, qui commenceraient à poindre sur les marchés.

«Le fait que (la décision sur) l'immigration ait été aussi soudaine et ait semblé aussi mal préparée a rendu les investisseurs nerveux sur la manière dont il gérerait ses autres mesures», a avancé Mike Lynch.

Donald Trump a suspendu vendredi par décret l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Yémen, Somalie, Soudan, Syrie et Libye) et de tous les réfugiés, le temps de revoir les critères d'octroi de visas.