Les cours du pétrole ont terminé en repli mercredi, la baisse des stocks américains ne suffisant pas à détourner les investisseurs de leurs inquiétudes concernant l'accord de réduction de la production de l'OPEP.

Mis à jour le 26 oct. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le prix du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a perdu 78 cents à 49,18 dollars au New York Mercantile Exchange (Nymex) sur le contrat pour décembre.

À Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 81 cents à 49,98 dollars sur le contrat pour décembre sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

L'annonce d'une baisse inattendue de 600 000 barils des réserves commerciales américaines de brut, selon les données hebdomadaires du département de l'Énergie (DoE), n'a apporté qu'un soutien ponctuel aux prix.

«Ce n'est qu'une question de temps et le marché sait que les importations ont augmenté, mais qu'elles ne sont pas visibles dans ces chiffres», a expliqué Matt Smith de Clipperdata, jugeant que l'apparence favorable de ce rapport était un «faux-nez».

De fait, les statistiques publiées mercredi ne donnent une indication que pour la semaine précédente, s'achevant le 21 octobre.

Le DoE a par ailleurs fait état d'un recul de 2 millions de barils des stocks d'essence et de 3,4 millions de barils des produits distillés.

En revanche, selon ces chiffres, la production de brut aux États-Unis a de nouveau progressé, de 40 000 barils par jour, par rapport à la semaine précédente.

Dans ce contexte, les investisseurs sont revenus à leurs doutes grandissants concernant la décision annoncée fin septembre par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de réduire sa production.

«Ils continuent à se concentrer sur la rhétorique de l'OPEP et au détricotage de toute forme de cohésion entre eux», a estimé Matt Smith.

Avertissement russe

D'intenses tractations sont en cours entre les membres de l'OPEP pour répartir l'effort de réduction de l'offre avant une réunion fin novembre ayant l'objectif de finaliser cet accord.

«L'Irak et la Russie sapent la confiance que le marché avait dans ce soi-disant accord», a indiqué John Kilduff, d'Again Capital.

L'Irak a, selon plusieurs analystes, demandé à être exempté de quota dimanche avant de concentrer ses critiques sur le niveau de production pris en compte pour établir ces mêmes quotas.

Plusieurs pays réclament en effet que leurs propres chiffres de production soient retenus plutôt que les estimations secondaires du cartel, généralement plus faibles.

La Russie, important producteur non membre de l'OPEP, a quant à elle fait part de sa volonté de se joindre à un accord, mais ne cesse depuis de souffler le chaud et le froid.

Dernier rebondissement en date, «un officiel russe a indiqué qu'une réduction n'était «pas une option pour nous»», a rapporté Tim Evans de Citi dans une note.

«Il n'y aura pas de réduction volontaire de la production des pays non membres de l'OPEP», ont jugé les experts de Commerzbank dans une note.

La perspective d'une limitation de l'extraction de brut dans les principaux pays producteurs avait orienté les cours à la hausse depuis le début du mois d'octobre, car cela pourrait rééquilibrer un marché souffrant d'une surabondance de l'offre.