Toute nouvelle aide fédérale au projet hydroélectrique terre-neuvien de Muskrat Falls créerait une situation de « concurrence déloyale », a affirmé mercredi le ministre des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier.

Publié le 26 oct. 2016
Martin Croteau LA PRESSE

M. Fournier a rappelé que Québec n'a jamais profité d'un coup de pouce fédéral pour la construction du réseau d'Hydro-Québec.

« On a déjà identifié que toute aide qui est donnée - et qui n'a pas été donnée au Québec - forcément devient débalancée », a affirmé M. Fournier en point de presse.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, a confirmé mardi qu'il étudie « sérieusement » une demande du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador pour prolonger les garanties de prêts offertes par le gouvernement conservateur en 2013.

« Le gouvernement du Canada étudie la demande du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et de Nalcor de hausser le plafond de la garantie d'emprunt », a confirmé son porte-parole, Alexandre Deslongchamps jeudi.

Or, selon Jean-Marc Fournier, le gouvernement terre-neuvien devrait chercher à conclure une entente à l'amiable avec le Québec plutôt que de solliciter une nouvelle aide d'Ottawa. La transition vers des sources d'énergie plus propres créé un contexte favorable à un développement hydroélectrique concerté, a-t-il fait valoir.

« On peut tourner la page sur la judiciarisation du passé et convenir d'entamer des discussions pour avoir une entente pour l'avenir qui serait gagnant-gagnant », a dit M. Fournier.

Chantier perturbé

La construction de la centrale est perturbée depuis samedi. Les 700 travailleurs ont été évacués par le promoteur Nalcor après que des manifestants eurent occupé le site.

C'est la dernière tuile à s'abattre sur le projet, qui a été miné par une série de retards et de dépassements de coûts. Il devait à l'origine coûter 6,2 milliards mais sa facture est maintenant évaluée à 11,4 milliards. 

La garantie de prêt consentie par le gouvernement Harper avait suscité la colère du Québec en 2013. L'Assemblée nationale avait unanimement condamné la décision, puisqu'elle avait pour effet de subventionner un concurrent d'Hydro-Québec pour l'accès au marché américain.