Les cours du pétrole ont terminé en baisse mardi, souffrant des incertitudes sur l'application de l'accord de réduction de la production annoncé fin septembre par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Mis à jour le 25 oct. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le prix du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a perdu 56 cents à 49,96 dollars au New York Mercantile Exchange (Nymex) sur le contrat pour décembre.

À Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 67 cents à 50,79 dollars pour le contrat pour décembre sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«Nous avons une dose d'incertitude supplémentaire introduite par l'Irak, qui a indiqué vouloir être exonéré de quotas», a expliqué James Williams de WTRG.

D'importantes tractations sont en cours entre les membres de l'OPEP afin de répartir l'effort de réduction de l'offre décidé par le cartel fin septembre à Alger.

Cela a déclenché une envolée des prix du brut, lui permettant de franchir la barre symbolique des 50 dollars le baril à New York, mais désormais le «marché ne bougera pas beaucoup tant que nous n'aurons pas un peu plus de clarté sur la politique de contrôle de l'offre», a jugé Bart Melek de TD Securities.

Mardi, le flou sur la position de l'Irak, deuxième producteur du cartel, persistait.

Alors que depuis le week-end le marché craignait que le pays souhaite totalement être exempté de l'accord, «ils veulent seulement qu'un quelconque quota soit basé sur une estimation plus élevée de leur production actuelle», a rapporté Tim Evans de Price Futures dans une note, faisant référence à des propos d'un porte-parole du ministère de l'Énergie.

«Je pense que c'est une stratégie pour obtenir un quota plus important quand les quotas seront attribués», a enchaîné James Williams.

Selon les analystes, l'Irak n'est pas le seul membre de l'OPEP à réclamer la prise en compte de ses propres chiffres, généralement plus élevés que les estimations secondaires du cartel.

Pétrole libyen

L'espoir d'aboutir à une finalisation de l'accord fin novembre ne s'est toutefois pas envolé.

«Je suis très impressionné par l'OPEP. Ils semblent vraiment être sérieux sur l'instauration de quota pays par pays», a indiqué James Williams rappelant que de tels quotas n'avaient pas été publiés depuis 2008.

Pour réduire efficacement l'excès d'offre, les membres de l'OPEP vont toutefois devoir prendre en compte l'évolution des productions du Nigeria et de la Libye, qui ont été exemptés de quota en raison de leur situation géopolitique.

Or, «les chargements de pétrole brut libyen montent en puissance en septembre grâce aux progrès effectués dans la réouverture des ports et dans le redémarrage des champs pétrolifères», a indiqué Matt Smith de ClipperData dans une note.

L'Iran, membre du cartel, a également été exempté de quota.

Par ailleurs, la Russie, important producteur non membre du cartel, a fait étalage de son volontarisme, mais sans préciser à quel niveau elle était prête à limiter sa production.

Mardi, les investisseurs ont aussi fait preuve de prudence à la veille de la publication des chiffres hebdomadaires du Département de l'Énergie (DoE) sur les réserves américaines de pétrole.

Selon la prévision médiane des analystes interrogés par l'agence Bloomberg, les stocks de pétrole brut devraient avoir augmenté de 2 millions de barils lors de la semaine close le 21 octobre, après avoir baissé de 5,2 millions de barils la semaine précédente.

Comme chaque semaine, cette publication sera précédée mardi soir par les estimations de la fédération privée American Petroleum Institute (API).