Les cours du pétrole ont terminé vendredi sur une note légèrement négative après une semaine dominée par la possibilité que la Russie se joigne à la réduction de la production décidée par l'OPEP.

Mis à jour le 14 oct. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a reculé de quelque 9 cents à 50,35 dollars sur le contrat pour livraison en novembre au New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, a perdu 8 cents à 51,95 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

Sur la semaine, le WTI a pris 1,08% à New York et le Brent quelque 0,04% à Londres.

«Nous subissons une petite correction après la progression des cours due à l'annonce russe qu'ils pourraient se joindre à la réduction de la production annoncée par l'OPEP», a expliqué James Williams de WTRG Economics.

Les propos du président russe Vladimir Poutine, se disant lundi favorable à une limitation de la production mondiale, avaient dopé les cours, leur permettant de finir à un niveau qu'ils n'avaient plus atteint depuis plus d'un an en clôture.

Depuis la décision fin septembre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de réduire sa production, les investisseurs s'interrogeaient sur la position de la Russie, important producteur non membre du cartel, qui a pompé à un niveau record en septembre.

La prudence reste toutefois de mise sur les marchés tant les obstacles à la réussite de ce processus restent nombreux.

«Vont-ils vraiment réduire leur production on non? Personne ne le sait», a indiqué James Williams.

Principale difficulté pour les membres de l'OPEP, ils doivent se répartir l'effort de réduction de la production qu'ils ont annoncé.

Une réunion technique sur le sujet, à laquelle la Russie et d'autres pays producteurs ont été invités, se tiendra fin octobre, un mois avant la date prévue pour la finalisation de l'accord.

Dollar en hausse

Aux États-Unis, l'activité de forage a encore augmenté selon les estimations hebdomadaires réalisées par le groupe privé Baker Hughes.

«Si nous forons plus, nous aurons plus de production de pétrole dans deux à quatre mois», a estimé James Williams.

À ce sujet, la production américaine est en recul pour la semaine achevée le 7 octobre d'après les chiffres du Département de l'Énergie (DoE).

Le DoE a également publié jeudi des estimations en demi-teinte des stocks de pétrole aux États-Unis avec une augmentation des réserves de brut mais une baisse des stocks d'essence et de produits distillés (fioul de chauffage, gazole, etc.).

«La principale raison à cela est le déclin prononcé de la transformation de brut», ont expliqué les experts de Commerzbank dans une note.

Aux États-Unis, la saison d'entretien des raffineries a débuté, ce qui nécessite l'arrêt d'une partie des installations et diminue la quantité de brut raffiné.

Autre facteur pesant quelque peu sur les cours, le renforcement du dollar qui imprime «un vent de face au brut», a souligné Matt Smith de ClipperData.

Le pétrole, libellé en monnaie américaine, se renchérit mécaniquement pour les opérateurs utilisant d'autres devises quand le dollar monte.

Soutenu par la perspective d'une hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) d'ici la fin de l'année, le billet vert a tendance à augmenter depuis le début du mois face à la plupart des autres monnaies.