Les cours du pétrole ont fini en baisse mercredi à New York, les investisseurs ne semblant plus se contenter des paroles engageantes des pays producteurs de brut sur une limitation de l'offre.

Mis à jour le 12 oct. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a baissé de 61 cents à 50,18 dollars sur le contrat pour livraison en novembre au New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, a perdu 60 cents à 51,81 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«Ce n'est pas que les investisseurs ne veulent pas de négociations, c'est qu'ils veulent plus détails sur qui va réduire quoi», a expliqué Mike Dragosits de TD Securities.

La réunion informelle de mercredi entre certains membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie a seulement débouché sur une invitation à la Russie de se joindre à une prochaine réunion technique du cartel, fin octobre.

L'annonce d'une réduction de la production de l'OPEP fin septembre avait orienté les cours à la hausse, mais les investisseurs cherchent depuis à déceler les signes concrets d'une telle mesure qui doit être finalisée fin novembre et à laquelle la Russie pourrait se joindre.

«L'impression que c'est un processus en cours est importante pour que le marché reste orienté à la hausse», a jugé Tim Evans de Citi dans une note.

En l'absence de précisions, les opérateurs de marché ont donc décortiqué la rhétorique des dirigeants des principaux pays producteurs.

Russie

Le fait que le président russe Vladimir Poutine ait utilisé le terme «gel» mercredi à Moscou, alors qu'il avait évoqué lundi à Istanbul une «réduction» a ainsi été interprété comme de mauvais augure.

De même, le ministre russe de l'énergie Alexandre Novak a évoqué mardi une période de six mois, ce qui avait réveillé les doutes sur l'engagement des pays producteurs de pétrole.

«Depuis la réunion d'Alger (fin septembre), le marché s'attend a un accord pour un an», a rappelé Mike Dragosits.

Une réduction de la production est jugée nécessaire afin de faire remonter des cours qui ont plongé mi-2014 du fait d'une surabondance de l'offre.

Au niveau mondial, la production de pétrole s'est élevée en septembre à 96,4 millions de barils par jour, en hausse de 950 000 barils par jour (bj) sur un an, selon un rapport de l'OPEP publié mercredi.

Pour 2017, le cartel prévoit une augmentation de la production des pays producteurs non membres du cartel grâce à la mise en service de nouveaux projets pétroliers en Russie.

Cela renforce encore l'importance de la participation de la Russie à un accord.

Autre facteur pesant sur les cours, le dollar a continué à se renforcer mercredi, ce qui renchéri le coût du brut pour les pays utilisant d'autres monnaies.

Sur le plan américain, les chiffres officiels de l'état de l'offre et de la demande de pétrole, habituellement publiés le mercredi, ne seront diffusés que jeudi par le Département de l'Énergie (DoE) à cause d'un jour semi-férié en début de semaine, ce qui a pu pousser à l'attentisme.