Les cours du pétrole ont légèrement monté mardi à New York mais baissé à Londres, le marché continuant à hésiter au gré des incertitudes et des spéculations sur les chances d'un accord de gel de l'offre entre pays producteurs.

Le cours du baril de «light sweet crude», référence américaine du brut, a pris 39 cents à 44,83 dollars sur le contrat pour livraison en octobre au New York Mercantile Exchange (Nymex), au lendemain d'une séance de clôture pour la fête américaine du Travail.

À Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, a en revanche reculé de 37 cents à 47,26 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«Le contexte de surabondance continue à lester les cours en les maintenant à mi-chemin entre 40 et 50 dollars le baril», a résumé Gene McGillian, de Tradition Energy. «On attend de voir surgir un nouveau moteur.»

Alors que le marché new-yorkais n'a guère bougé mardi au sortir d'un week-end de trois jours, son homologue londonien avait déjà enregistré un début de semaine animé, avec un bond lundi immédiatement suivi par un franc repli.

«Depuis une ou deux séances, on voit à quel point le marché évolue en fonction des gros titres», a expliqué M. McGillian.

Depuis le week-end, des déclarations de l'Arabie saoudite, membre dominant de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), et de la Russie, l'un des principaux producteurs extérieurs au cartel, ont en effet relancé l'espoir d'un accord sur un gel de la production.

«Le marché a brusquement monté sur fond d'informations sur l'éventualité d'un accord... Et puis, on s'est mis à se demander «Et s'il n'y avait aucun accord ?+ et les cours sont retombés au niveau où ils étaient auparavant», a résumé M. McGillian.

Les É.-U. surveillés

L'Arabie saoudite a elle-même douché les espoirs en jugeant superflu de décider d'un gel de l'offre, alors que les investisseurs comptent sur une telle mesure en vue d'une réunion exceptionnelle de l'OPEP à la fin du mois à Alger.

«Pour le moment, la réaction du marché laisse penser que des déclarations ne suffisent plus à soutenir les cours ; le marché a besoin d'actions», a écrit Tim Evans de Citi.

Les incertitudes règnent d'autant plus que les observateurs gardent le souvenir de l'échec d'un sommet du même type, en avril dernier, à l'issue duquel les membres de l'OPEP, tiraillée par les tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, n'avaient pu trouver aucun accord.

«C'est facile d'évoquer un gel de la production, mais ce sera plus difficile d'y parvenir, puisque l'Iran est en voie de relever sa production à 4 millions de barils par jour (bj) et le Nigeria se prépare à rétablir la sienne», a jugé M. Evans.

L'Iran a fait cette année son retour sur le marché mondial, à la suite de la levée de sanctions internationales, tandis que le Nigeria essaie de se remettre d'une vague de sabotages par divers groupes rebelles dans sa région pétrolifère.

«Quand bien même on plafonnerait la production au niveau actuel, qui est relativement élevé, cela n'aurait qu'un effet limité», a insisté M. Evans.

Le niveau des réserves mondiales reste élevé, notamment aux États-Unis, même si la production américaine a, elle, nettement décliné depuis le début de l'année et donné ainsi une lueur d'espoir aux investisseurs.

À ce titre, «le marché risque de se contenter d'attendre jeudi (...) pour trouver une direction», a conclu Kyle Cooper, de IAF Advisors, faisant allusion à des chiffres hebdomadaires sur le niveau de l'offre américaine.

Le département de l'Énergie (DoE) publie habituellement le mercredi ces chiffres, toujours très surveillés dans un contexte de réserves élevées, mais ils seront repoussés au lendemain en raison du jour férié de lundi.