Les cours du pétrole étaient proches de l'équilibre mercredi en fin d'échanges européens, dans un marché se détournant massivement du risque dans le sillage du Brexit et inquiet du niveau de l'offre, notamment américaine.

Mis à jour le 6 juill. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 47,99 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 3 cents par rapport à la clôture de mardi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en août prenait 13 cents à 46,73 dollars.

Les cours du Brent et du WTI tentaient une timide percée dans le vert à la fin des échanges européens, après avoir toutefois passé la majeure partie de ceux-ci en baisse.

«Deux facteurs pèsent actuellement défavorablement sur l'évolution des cours du baril de pétrole. Le premier, c'est l'accroissement du risque géopolitique dans la foulée du référendum britannique», expliquait à l'AFP Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.

Le pétrole se retrouvait en effet miné par la déroute générale subie par les actifs à risque alors que les craintes pour l'économie mondiale entraînées par le vote du Royaume-Uni en faveur d'une sortie de l'Union européenne le 23 juin ont sapé les perspectives de croissance de la demande de pétrole, abondaient les analystes de PVM.

«Bien que le marché pétrolier ait moins répercuté le Brexit que les marchés indices, actions et devises, on constate une certaine défiance de la part des investisseurs qui les poussent à se désengager du marché ces dernières séances», en particulier au profit de valeurs refuges comme les obligations d'État, le yen ou encore l'or, précisait M. Dembik.

Pour l'analyste néanmoins, cela ne constitue pas le principal moteur de la baisse des cours, qui ont surtout été lestés par une surabondance persistante d'offre aux États-Unis.

«En effet, les stocks d'essence, notamment sur la côte Est, ne cessent d'augmenter, confirmant au passage que l'excès d'offre est encore bien présent à court et à moyen terme», estimait Christopher Dembik.

Ainsi pour Michael Hewson, analyste chez CMC Markets, «les prix du pétrole se sont retrouvés sous pression après avoir échoué à consolider leurs mouvements au-dessus du niveau des 50 dollars sur fond de données économiques décevantes, ce qui suggère que l'excédent des stocks pourrait bien prendre plus de temps à résorber».

En outre, selon l'analyste, l'information selon laquelle la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est ressortie en plus forte hausse que prévu en juin pesait également sur les prix du brut.

Cela «soulève la possibilité que les données sur les réserves de brut américaines cette semaine puissent bien voir leur récente série de baisses se transformer en hausses», poursuivait M. Hewson.

Dans ce contexte, les investisseurs se préparaient à scruter les derniers chiffres hebdomadaires sur l'offre américaine que publiera jeudi le Département de l'Énergie, un jour plus tard que d'habitude. Auparavant, la fédération American Petroleum Institute (API) publiera ses estimations mercredi après la clôture aux États-Unis.