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Pour une tarification mondiale du carbone

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Selon Patrick Pouyanné, président et directeur général de la pétrolière française Total, la chute du prix du brut a fait plus de gagnants que de perdants.

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Rudy Le Cours
La Presse

Pour combattre avec succès les dérèglements climatiques et freiner le réchauffement de la planète, il faut identifier le bon ennemi. Il s'appelle CO2, le dioxyde de carbone.

Au lendemain de l'engagement historique du G7 de diminuer de 40% à 70% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, les intervenants à la Conférence de Montréal ont beaucoup échangé hier sur la nécessité et la capacité de générer de l'énergie d'une manière moins nocive pour l'environnement, tout en raillant l'objectif d'une économie mondiale décarbonisée d'ici la fin du siècle.

«On a besoin d'une tarification mondiale unique du carbone», a plaidé Gérard Mestrallet, président-directeur général d'Engie, autrefois GDF Suez.

Il a souligné que plusieurs initiatives existent déjà, comme celle du Québec et de la Californie ou les sept expériences menées en Chine qui doivent converger en une seule en 2017.

Eirik Waerness, économiste en chef et vice-président de la norvégienne Statoil, a pour sa part rappelé que la Norvège taxe le carbone depuis 25 ans déjà. À ses yeux, cela aura permis à la société détenue majoritairement par Oslo de disposer d'un sérieux avantage compétitif sur ses concurrents pour le développement de projets à l'échelle mondiale.

Russell Kirling, PDG de TransCanada, a pour sa part rappelé que l'énergie fossile restera la première source d'énergie mondiale à hauteur de 75% au cours des prochaines années.

À l'heure actuelle, c'est même 83%, a précisé Patrick Pouyanné, président et directeur général de la pétrolière française Total.

La réduction des gaz à effet de serre passe par un transfert, à l'intérieur de la filière fossile, par une plus grande utilisation du gaz naturel, qui émet moins de CO2, aux dépens du charbon et du pétrole.

«La solution au réchauffement sera économique davantage que réglementaire», soutient-il.

M. Mestrallet ajoute: «Ne rien faire contre le réchauffement nous conduit à une catastrophe écologique et par conséquent à une catastrophe économique. Agir, c'est dans l'intérêt du business.»

Il s'est aussi porté à la défense de la 21e Conférence des partis qui doit avoir lieu à Paris en décembre et qui doit porter sur les dérèglements climatiques. «Elle doit réussir après l'échec du Sommet de Copenhague en 2009. La solution, c'est la tarification du carbone.»

John Hess, président de la pétrolière américaine Hess Corporation, n'est pas tout à fait d'accord. Il favorise plutôt une taxe sur le carbone, conscient que cela n'a aucune chance d'être accepté par les Américains, viscéralement opposés à l'approche fiscale. «Seul Barack Obama est d'accord avec cela», a-t-il ironisé.

M. Pouyanné a aussi fait le bilan des gagnants et des perdants de la chute des prix du pétrole, les premiers étant beaucoup plus nombreux.

Le Canada pourrait se joindre à ce groupe s'il choisit de se doter d'infrastructures capables de désenclaver sa production à partir des sables bitumineux. «Le transport ferroviaire est une technologie des XIXe et XXe siècles, a-t-il indiqué. Il faut des pipelines.»

Total est engagée depuis 2013, avec Suncor et Tech dans la coentreprise Fort Hills Energy, un chantier de 13,5 milliards dans le Nord albertain.

Aux yeux de M. Pouyanné, les sables bitumineux ne sont pas compétitifs parce qu'il a trop d'acteurs, ce qui freine l'optimalisation de l'exploitation.

M. Girling a renchéri en soutenant que cesser l'exploitation des sables bitumineux priverait l'offre mondiale de 3,5 millions de barils par jour, mais réduirait de 1,5% seulement les émissions de CO2. Il a soutenu que les forages actuels ne compromettent plus les nappes phréatiques puisqu'ils se font sous elles. Cela ferait tomber l'argument principal des opposants au pipeline Keystone XL vers le sud des États-Unis.

Enfin, Gregory Boyce, président de Peabony Energy, le numéro un mondial du charbon, s'est porté à la défense de son industrie présentée comme la brebis galeuse. Ce combustible bon marché mais décrié peut être exploité de façon moins polluante, voire verte, avec les nouvelles techniques de captage du CO2 durant sa combustion. Vingt-deux centrales dotées de cette technologie sont en construction, malgré le fait que les organismes internationaux de financement (Banque Mondiale, Banque asiatique de développement, etc.) refusent de les subventionner «pour des raisons strictement écologiques», déplore-t-il.




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