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Pétrole: le marché en «équilibre précaire», avertit l'AIE

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La consommation de pétrole dans le monde devrait croître de 990 000 barils par jour cette année pour atteindre environ 93,5 millions de barils par jour (mbj), grâce à «une croissance économique mondiale en légère hausse», à une météo plus froide et à une base de comparaison peu élevée, a détaillé l'AIE dans son rapport mensuel de février sur le pétrole.

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Amélie BAUBEAU
Agence France-Presse
PARIS

La stabilisation récente des prix du pétrole est «précaire», avertit vendredi l'Agence internationale de l'énergie (AIE), car l'excédent d'offres est loin d'être résorbé et certains des facteurs qui soutiennent la demande sont fragiles.

«En apparence, le prix du pétrole semble se stabiliser. Mais c'est un équilibre très précaire», estime l'organisation dans son rapport mensuel de mars sur le pétrole.

«Derrière une stabilité de façade, le rééquilibrage [du marché] provoqué par la chute des prix n'est pas encore achevé et c'est sans doute être trop optimiste que de croire que cela se fera en douceur», ajoute-t-elle.

Les cours du pétrole, qui s'étaient effondrés d'environ 60 % entre juin 2014 et janvier 2015 sous l'effet d'une demande atone et d'une offre surabondante, ont marqué un rebond fin janvier et début février, avant d'entamer une phase de stabilisation.

L'AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs, estime en particulier que l'absence de baisse de la production aux États-Unis et le niveau record des stocks dans le pays pourraient de nouveau peser sur les cours du brut.

Malgré la baisse du nombre de forages outre-Atlantique, qui avait contribué au rebond des cours, «l'offre aux États-Unis montre jusqu'à présent peu de signes de ralentissement» et continue même à dépasser les attentes, souligne l'AIE.

L'agence nourrit aussi des inquiétudes sur la capacité des réserves américaines à accueillir davantage de pétrole brut. Les stocks du pays sont actuellement à leur plus haut niveau depuis 1982, à 448,9 millions de barils.

«La fin de la période annuelle de maintenance des raffineries pourrait ralentir la constitution des stocks aux États-Unis au deuxième trimestre 2015 mais cela ne l'arrêtera pas et les réserves pourraient bientôt atteindre leur limite de capacité», analyse l'AIE, ajoutant que «cela mènerait inévitablement à un retour de la pression sur les prix».

Ce cas de figure pourrait provoquer la baisse de production qui ne s'était pas matérialisée jusqu'à présent, et qui pourrait être d'autant plus brutale qu'elle intervient tardivement, estime l'organisation.

De façon globale, l'organisation basée à Paris estime que la production des pays hors Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) continuera à croître en 2015, mais légèrement moins vite que prévu.

Relèvement de la prévision de demande mondiale

Elle prévoit en effet une croissance de 750.000 barils par jour (b/j), tandis que son rapport du mois précédent tablait sur une hausse de 800 000 b/j, à 57,4 millions de barils par jour (mbj).

La production de l'OPEP devrait elle atteindre 29,5 mbj, soit 100 000 b/j de plus que la prévision précédente. L'OPEP a un plafond officiel de production de 30 mbj.

Dans ce même rapport, l'AIE relève aussi légèrement sa prévision de la demande mondiale de pétrole en 2015. Cette dernière devrait croître de 990 000 b/j cette année pour atteindre environ 93,5 mbj, grâce à «une croissance économique mondiale en légère hausse», à une météo plus froide et à une base de comparaison peu élevée, a détaillé l'organisation.

Le mois dernier, l'agence basée à Paris avait dit tabler sur une croissance de 0,9 mbj, à 93,4 mbj.

La demande de pétrole, qui rebondit depuis la mi-2014, pourrait aussi avoir été soutenue par les achats d'opportunité ou à des fins de stockage, alors que les cours du brut restent très bas. Or ces moteurs sont plus fragiles que la croissance de l'activité économique, avertit l'AIE.

Par ailleurs, «il y a toujours peu de signes tangibles à ce stade d'une réelle redynamisation de l'économie grâce aux prix plus faibles» du pétrole, note-t-elle.

Les prix du pétrole baissaient vendredi en cours d'échanges européens, après la parution de ce rapport. Le baril de Brent pour livraison en avril valait 56,51 dollars, tandis que celui de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance s'échangeait à 46,33 dollars.




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